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Saint-Louis : il menace sa compagne avec un couteau devant leur fille de 2 ans, un an de prison ferme

Ecrit par P.B. – le dimanche 18 octobre 2026 à 09H23

Déjà condamné pour des violences sur sa compagne, Dylan a de nouveau comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour des faits commis à Saint-Louis. En deux jours, la jeune femme a subi des coups puis des menaces de mort, en présence de leur fille de 2 ans.

Depuis quelque temps déjà, les tensions se multiplient au sein de ce jeune couple de Saint-Louis. Dans la nuit du 6 octobre, une dispute éclate. À l'origine de la colère de Dylan, une invitation Snapchat envoyée par un autre homme et acceptée par sa compagne. Le jeune homme commence à la frapper alors que leur fille de 2 ans se trouve dans le lit, à côté d'eux. Une fois la victime au sol, les coups de pied et de poing se poursuivent.

Le lendemain, le couple convient de se séparer définitivement. Dylan prépare ses affaires et quitte le domicile. Mais il revient, cette fois avec un couteau à la main.

Elle se réfugie dans les toilettes avec sa fille

La jeune femme prend son enfant dans les bras et tente de se mettre à l'abri dans les toilettes. Dylan la suit, la rattrape et menace de la tuer. La victime est tellement terrorisée qu'elle en vient à s'uriner dessus.

Le couteau ne sera pas retrouvé par les enquêteurs. En garde à vue, le prévenu reconnaît les violences, notamment avoir serré le cou de sa compagne.

À la barre, il ne cherche pas à nier son comportement. "Je regrette, j'ai pris un couteau et j'ai vu noir", déclare-t-il.

Ni l'alcool ni les stupéfiants ne sont en cause au moment des faits. Dylan, ancien consommateur de "Dou", comparaît en état de récidive légale. Il avait déjà été condamné pour des violences sur cette même femme, alors qu'elle était enceinte. Au cours de leur relation, le jeune homme avait également recours à des menaces de suicide lors de leurs disputes.

"Les enfants sont des éponges émotionnelles"

Si la jeune femme ne formule aucune demande d'indemnisation, la situation de leur fille de 2 ans occupe une place importante dans les débats.

Saisie par l'Arajufa (Association Réunionnaise pour l'Aide Juridique aux Familles et aux Victimes) pour représenter les intérêts de l'enfant, Me Ferrante déplore la multiplication des affaires de violences conjugales commises en présence de mineurs.

Elle rappelle que "les enfants sont des éponges émotionnelles" et souligne les conséquences psychologiques que de telles scènes peuvent avoir sur leur développement.

"Être père, ce n'est pas seulement aider à mettre un enfant au monde, c'est un vrai rôle de protection et, pour le coup, il a été défaillant", insiste l'avocate. Elle sollicite 800 euros en réparation du préjudice moral subi par la fillette.

Pour la vice-procureure, la gravité des faits et la récidive justifient une peine associant emprisonnement ferme et sursis probatoire. Elle demande également le maintien en détention du prévenu, notamment "pour laisser le temps à la victime de ne pas céder à la tentation de reprendre contact". Le ministère public ne requiert toutefois pas le retrait de l'autorité parentale.

"Monsieur est taiseux, il n'est pas encore en mesure de s'exprimer tellement il a honte, mais il reconnaît les faits", plaide Me Delphine Savigny.

Le tribunal condamne finalement Dylan à deux ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire, avec maintien en détention. Il devra respecter des obligations de soins et de travail. Il lui est également interdit d'entrer en contact avec son ancienne compagne, de paraître à son domicile et de porter une arme pendant trois ans. Enfin, les juges accordent les 800 euros demandés au titre du préjudice moral de sa fille, elle aussi victime des violences auxquelles elle a assisté.

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