Commerces incendiés, policiers blessés : une nuit sous tension à La Réunion

Des violences ont éclaté dans plusieurs communes de La Réunion, samedi 17 octobre, et se sont prolongées dans la nuit. À La Possession, le McDonald’s a été incendié. Des policiers ont également été blessés, selon deux organisations syndicales. Plus d'informations à suivre.
Des commerces en flammes, des barricades et des forces de l’ordre prises pour cible. La mobilisation contre la vie chère a été marquée par des violences dans plusieurs secteurs de La Réunion, samedi 17 octobre. Les tensions, apparues dans l’après-midi, se sont poursuivies durant une partie de la nuit de samedi à dimanche.
À La Possession, le restaurant McDonald’s a été incendié, mobilisant les sapeurs-pompiers. Des heurts ont également été signalés dans le quartier de Moulin Joli. Au Port, un institut de beauté a été touché par un incendie peu après 5h du matin : 36 personnes qui habitaient à l’étage ont dû être évacuées avant de pouvoir regagner leur domicile, indique le SDIS. Ce dernier fait également état de nombreuses interventions tout au long de la nuit pour des feux de poubelles et de broussailles.
Des heurts ont également été signalés à Saint-Benoît. Selon un témoignage sur les réseaux sociaux, des individus auraient tenté de mettre le feu à la gendarmerie, suscitant l’inquiétude pour les familles logées au-dessus des locaux. Les circonstances de ces faits restent à confirmer.

Des barricades et des affrontements dans plusieurs quartiers
À Saint-Denis, des départs de feu ont été observés dès le début de soirée, notamment au Chaudron et aux Camélias. Sur l’avenue Roger-Payet, au Chaudron, des barricades ont été incendiées. Visées par des jets de galets, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes vers 21 heures.
Le réseau Citalis avait adapté son service face aux risques de débordements. Les lignes dionysiennes ont exceptionnellement cessé de circuler à 19 heures, au lieu de 21 heures, afin de prévenir d’éventuels caillassages.
À Saint-Pierre, le quartier de Joli-Fond a été concerné dès l’après-midi par des feux de poubelles et de véhicule. Trois personnes avaient été interpellées plus tôt dans la journée. Le bilan total des interpellations à l’échelle de l’île reste à préciser.
Deux policiers de la brigade canine attaqués à Vauban
À Saint-Denis, deux policiers de la brigade canine ont été pris pour cible samedi soir dans le quartier de Vauban. Vers 22 h 30, les fonctionnaires circulaient dans un véhicule banalisé, accompagnés de leurs chiens, lorsqu’ils ont été attaqués sur un parking à proximité du Carrefour City. Plusieurs individus ont lancé des pierres contre leur véhicule.
L’un des policiers a été blessé à la tête. La gravité de sa blessure n’était pas précisée dans les éléments rapportés.
Le supermarché Intermark a également été pillé à la Providence, à Saint-Denis dans la nuit.

L’UNSA Police dénonce les agressions
Dans un communiqué relayé par Freedom, l’UNSA Police 974 condamne les violences survenues à Saint-Denis, au Port et à Saint-Pierre. Le syndicat indique que plusieurs fonctionnaires ont été blessés, certains ayant notamment été touchés aux yeux par des éclats de verre.
L’organisation demande que les auteurs soient identifiés et poursuivis. Elle réclame une réponse judiciaire ferme, rapide et proportionnée à la gravité des faits, tout en apportant son soutien aux policiers mobilisés et aux blessés.
Alliance réclame des renforts
Dans un second communiqué, Alliance Police Nationale dénonce des jets de projectiles et des tirs de mortiers d’artifice visant les forces de l’ordre.
Le syndicat dénonce également des incendies allumés pour faire venir les sapeurs-pompiers, lesquels auraient ensuite été visés par des jets de pierres, tels des guets-apens.
Alliance interpelle le préfet sur les moyens disponibles et réclame des renforts en effectifs, des véhicules de maintien de l’ordre plus récents et des équipements supplémentaires.
"Il faut arrêter de croire que La Réunion, c’est ce paysage de carte postale", affirme le syndicat, qui appelle les autorités nationales à prendre la mesure des difficultés rencontrées sur le terrain.
Les deux organisations distinguent ces violences de l’exercice du droit de manifester et saluent l’engagement des fonctionnaires. Au lendemain de cette nuit de tensions, le nombre total de blessés et l’étendue des dégâts matériels restent à établir.


