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Être Réunionnais est une chance formidable !

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 5 janvier 2022 à 17H54

Qu’on se le dise bien, habiter l’île de La Réunion, c’est une chance formidable dont il faut prendre conscience. D’aucuns discuteront du « vivre ensemble » qui pour dire que cette notion n’est qu’un concept fantôme, qui pour disserter sans fin sur son contenu. D’autres seront convaincus de ce trésor inépuisable, et, feront du « vivre ensemble » une source inépuisable d’inspiration pour penser et agir à partir des richesses qui découlent d’abord de la rencontre centenaire des civilisations, puis du métissage décennal des ethnies entre elles, et, enfin d’un quotidien fondé sur la rencontre de l’Autre, comme une porte ouverte sur l’altérité toujours enrichissante et sur un altruisme naturel qui va bien au-delà des liens d’influence, de jeux d’acteurs et de pouvoir ou encore des considérations exclusivement assises sur des intérêts convergents d’affaires.

Il existe bel et bien un climat de convivialité et de connaissance de l’Autre qui ne se retrouve nulle part ailleurs au monde. De cela, nous devons en être conscients et fiers. Nous devons par ailleurs être vigilants à ce que des personnes mal intentionnées ou même bienveillantes a priori n’en viennent pas à saper notre confiance en nous-mêmes, en ce que nous sommes parce qu’ici et là des failles peuvent exister dans l’édifice. Nous sommes ce que nous devons être, ensemble, toujours unis même dans les divergences de points de vue, et, forts parce que différents les uns des autres et en raison de chaque touche personnelle qui transmute, un peu plus, chaque jour faisant, le tableau ordinaire de l’existence en un véritable chef d’œuvre.

En effet, être réunionnais est une chance formidable dans la mesure où cela se résume en un simple triptyque : voir, vivre et vouloir rester à La Réunion.

Le tourisme à La Réunion, nonobstant qu’il n’a jamais atteint son plein potentiel en raison d’une multiplicité de facteurs dont un handicap structurel lié à l’absence de maîtrise de langues étrangères d’une part et d’autre part à l’enclavement aérien qui va de pair avec une approche hexagono-centrée, quasi-exclusive, attire, tout de même, fort heureusement, un flot conséquent de visiteurs sur notre territoire. Bien des fois, il s’agit d’un tourisme affinitaire, d’affaires ou de bouche-à-oreille, car notre destination souffre d’une approche marketing de la part des pays concurrents beaucoup plus agressive que la nôtre. Nonobstant, une fois que le visiteur a posé les pieds à La Réunion qui pour nous rendre visite, qui pour prendre du bon temps ou même y travailler, le magnétisme de notre environnement exerce un pouvoir magique si puissant qu’il lui est difficile de ne pas s’attacher à nous, à ce que nous sommes, à cet horizon idéal que nous incarnons car nous disposons, tous ensemble, de la capacité d’élargir sa réalité au-delà de tout ce qu’il a pu imaginer avant son voyage. Ceci fait que le touriste, au-delà d’être subjugué, est littéralement conquis par la pertinence du modèle de coexistence harmonieux et pacifique de notre île. Notre capacité, d’absorber, en continu, tant de différences, de nuances et de subtilités qui viennent constamment enrichir nos différents champs d’action, témoigne de note véritable force. Et cette force ne s’explique pas plus qu’elle ne se conceptualise, elle se vit tout simplement et s’incarne dans notre quotidien, dans les différentes strates d’action locale (associative, commerciale, sportive, artistique, culturelle entre autres). Ainsi, il y va du « voir La Réunion ».

Quant au « vivre à La Réunion », il s’illustre par le fait qu’on baigne ici dans un bouillonnement culturel qui fait fi de nos multiples appartenances. Nous ne sommes point prisonniers des apparences car nous sommes capables de nous porter au-delà de nos divergences, dans un au-delà dicté certes par la nécessité absolue de se comprendre et d’agir en bonne intelligence, mais aussi de par la lumière qui est nôtre de voir en la xénophobie un piège absolu, un non-sens sans fin, un aveuglement total qui fait obstacle au progrès humain, une bulle que certains imagineraient comme faussement protectrice, mais, qui, en réalité demeure un enfermement sur soi délétère. 

Certes, nous ne souffrons point ici de la xénophobie, mais le résultat surprenant des urnes, lors de certaines échéances électorales, démontre, s’il en était besoin, que plane son ombre dévastatrice sur notre quotidien. La xénophobie est un poison redoutable, l’arme de celles et ceux qui se trompent de colère, le réceptacle qui concentre toutes les haines contre un groupe d’individus ou une communauté à un moment donné de l’Histoire qui en raison de leurs origines, qui sans raison apparente. Et, vivre à La Réunion, c’est précisément vouloir embrasser un nouvel eldorado où les Hommes seraient d’or, où leur parole serait entendue, où les reflets de leurs cultures respectives embraseraient les flammes d’un même feu sacré. La Réunion est donc une véritable échappatoire dans le regard de celui qui n’a connu pour seule gloire les joies et les misères d’un ghetto ou d’une banlieue où les guerres intestines font rage, où l’on se tient debout à l’aube sans savoir ce qu’il en sera de notre vie au crépuscule. La Réunion constitue certes cette terre de métissage, mais aussi et surtout demeure une réalité transcendantale comme un voyage en Soi à vivre pour mieux rencontrer l’Autre, indépendamment de son statut social, de ses croyances ou de ses origines. Ici, nous sommes tous et toutes uni(e)s dans un même bain de fraternité, une fraternité qui n’est pas une abstraction ou encore le troisième terme, jamais exactement respecté, d’un pacte républicain vécu parfois comme une utopie. A contrario, nous vivons, ici, une fraternité première, une fraternité principielle. Aussi simplement que nous pouvons respirer, nous vivons sans même nous poser la question du pourquoi, mais plutôt en concentrant toute notre attention et en mobilisant nos forces sur le comment. Comment faire réussir une jeunesse parfois embourbée ? Comment affronter le mur de la dépendance de nos aînés en créant une structuration facilitatrice de leur meilleure prise en charge aussi moderne que respectueuse des traditions créoles qui nous habitent en notre for intérieur ? Entre autres questionnements.

Et de la richesse de notre vivre ensemble, découle notre esprit de communion qui fonde le « vouloir vivre à La Réunion » en son cœur même. Être réunionnais est une chance formidable, qu’on se le dise et qu’on se le répète à l’envie, car celles et ceux qui sont passés par chez nous, en sont marqués à vie au point que certain(e)s ne résistent pas à l’envie de pérenniser une première expérience concluante. Nous respirons le bonheur à pleins poumons et cela se ressent au travers de notre comportement marqué du sceau de la patience et emprunt du ciment de l’endurance. Nous voulons croire en de lendemains meilleurs, c’est pourquoi nous ne laissons pas des situations passagères inconfortables prendre le dessus sur ce qui fait le génie de notre esprit de résistance collective à la lassitude, à l’ennui ou à l’envie d’abandonner. C’est ce qui explique la fascination que nous exerçons dans l’esprit de celui ou celle qui croit en son avenir sur une terre, de prime abord, incertaine mais pas inhospitalière pour autant. Vouloir vivre à La Réunion, c’est un rêve pour le plus grand nombre qui se mue en une véritable idylle pour une poignée de personnes qui accèdent ainsi au statut de réunionnais d’adoption. Vouloir vivre à La Réunion, c’est aussi s’abandonner, avec confiance, à un territoire qui nous paraît plus enclin à vivre notre différence comme d’une formidable chance. Vouloir vivre à La Réunion, c’est faire confiance à sa population, c’est être désireux de contribuer à sa façon à son développement en se disant, au fond de soi, à bien y réfléchir, que notre île est une précieuse source d’inspiration pour qui sait appréhender les trésors qu’elle offre à celui ou celle qui en tombe amoureux. Vouloir vivre à La Réunion, c’est enfin le pari de nos jeunes qui partent se former ou acquérir une expérience solide dans le cadre d’une mobilité prometteuse et qui demeurent tout autant attachés à leur terre d’origine dans le secret espoir d’y revenir plus forts pour mieux la faire prospérer en l’ensemençant d’une lumière nouvelle et en la gratifiant de l’acuité d’une vision plus pertinente pour l’avenir.

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