Travail sur les navires de pêche : les appels se multiplient pour des pratiques responsables

Alors que la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) se réunira à La Réunion le dimanche 13 avril, le Global Tuna Alliance (GTA) appelle les États membres à s’engager pour des normes sociales minimales à bord des navires de pêche.
L’heure n’est plus seulement à la sauvegarde des stocks de thon. Le Global Tuna Alliance (GTA), qui rassemble 44 distributeurs et acteurs de la chaîne d’approvisionnement, place désormais les droits humains au cœur du débat. Avant l’ouverture de la 29e session de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI), prévue ce dimanche à La Réunion, le collectif appelle à l’élaboration urgente de standards de travail pour les équipages, en s’appuyant sur la convention internationale ILO188. Une nécessité, selon lui, face aux abus encore trop fréquents dans cette industrie.
Conditions dangereuses, pressions à bord, isolement, surveillance insuffisante : la GTA dénonce une réalité où les violations des droits humains se heurtent à l’omerta et à l’absence de mécanismes de protection efficaces. « Les pêcheurs constituent la colonne vertébrale de cette industrie. Des conditions de travail décentes en mer sont non négociables », martèle Daniel Suddaby, directeur exécutif du GTA. L’organisation rappelle que ces pratiques compromettent aussi la durabilité économique du secteur, en exposant les nations de pêche à des sanctions commerciales et à des pertes de réputation.
Le choix de La Réunion pour accueillir cette session 2025 n’est pas anodin. Carrefour, partenaire français du GTA, y voit une opportunité politique et symbolique. « C’est une occasion unique de faire progresser significativement les normes du travail à bord des navires », plaide Agathe Grossmith, directrice RSE du groupe. L’enseigne s’est engagée à une couverture totale par des observateurs à bord des bateaux industriels fournissant ses conserves de thon.
Le lien entre conditions de travail dégradées et pêche illicite est également mis en lumière. D’après les études relayées par le GTA, le travail forcé alimente directement les pratiques non déclarées ou non réglementées, fragilisant la sécurité alimentaire et les écosystèmes marins. La GTA appelle donc les États membres de la CTOI à s’aligner sur des standards communs. À défaut, l’océan Indien pourrait perdre en compétitivité face à d'autres régions comme le Pacifique, où les règles sociales progressent plus vite.


