Transporteurs : quatre heures de discussions sans issue, le conflit menace de s’étendre

Réunis lundi soir à la Chambre de commerce en présence du secrétaire adjoint au SGAR, du Département et de la Région, transporteurs et syndicats patronaux n’ont trouvé aucun terrain d’entente. Les grévistes maintiennent leurs barrages et appellent les autres corporations à rejoindre le mouvement.
Une réunion pour rien. Quatre heures de discussions qui n’ont abouti sur aucun accord pour une sortie de crise. Pis, la menace d’un conflit plus dur plane au-dessus de La Réunion, les transporteurs ayant formellement appelé les autres corporations à venir les épauler dans leur lutte. Au risque d’un effet domino ?
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La réunion commencée dans les locaux de la Chambre de commerce à 18h30, en présence du secrétaire adjoint au SGAR, du Département et de la Région, n’a débouché sur aucun accord. Pire, les transporteurs sont ressortis particulièrement remontés de leur rencontre avec les syndicats patronaux Unicem et FRBTP. « Quatre heures et rien n’est sorti. On est face à un comportement colonialiste », lâche Michel Alamèle, président de l’IRR.

« On attendait un pourcentage d’augmentation », ajoute Jean-Gaël Rivière, président de la FNTR. Il n’en sera rien. Les discussions soutenues n’ont abouti à rien après quatre heures de débats. « Je suis déçu. Il y avait une volonté de trouver une solution », lâche Pierrick Robert, président de la CCIR, qui avait endossé une casquette de médiateur.
Résultat : la grève se poursuit. Pas question pour les transporteurs de lever les barrages. Bien au contraire, ils appellent clairement à durcir le mouvement. « On reste où l’on se trouve. On ne bouge pas », poursuit Michel Alamèle. « C’est lamentable ce qu’il se passe. »
Pas de respect des engagements
Les transporteurs indiquent avoir signé une charte en juillet dernier. « Il n’y a pas eu de respect depuis. Les donneurs d’ordres n’ont pas respecté leur engagement. » Que dit cette charte ? Le transport routier de marchandises constitue un maillon essentiel de l’économie réunionnaise. Il assure la liaison entre producteurs, entreprises du BTP, distributeurs et plateformes logistiques. Mais dans un contexte marqué par la hausse des coûts d’exploitation, des relations contractuelles déséquilibrées, des exigences réglementaires accrues et des impératifs écologiques, les professionnels du secteur réclamaient depuis plusieurs années un cadre plus clair et mieux partagé.
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Face à ce constat, l’ensemble des parties prenantes – État, collectivités, chambres consulaires, transporteurs, donneurs d’ordre et fédérations professionnelles – ont signé une charte de bonnes pratiques. Ce document formalisait 26 engagements visant à structurer les relations économiques du secteur, à les rendre plus transparentes, équitables et durables. Sauf qu’elle n’est pas appliquée, d’où le mouvement de colère.
Un mouvement qui pourrait prendre de l’ampleur, puisque la FNTR et son président appellent clairement les autres corporations de transporteurs signataires de la charte à les rejoindre. Un effet domino redouté par l’État, mais aussi par le président de la CCIR, Pierrick Robert.
Une crainte également partagée par la FRBTP. Rudolphe Lorion parle de situation « catastrophique ». « Nous subissons les blocages alors que nos entreprises vont mal », explique-t-il. « Nous devons absolument sortir de là. Cela fait des années que nous tirons la sonnette d’alarme. » Le syndicat Unicem n’a pas souhaité s’exprimer à la sortie de la réunion.
Quid d’une nouvelle rencontre ? Elle pourrait être programmée jeudi, mais rien n’est encore confirmé.


