Transport sanitaire : les taxis réunionnais passeront en service réduit dès le 1er novembre

Face au refus de l’UNCAM d’adapter la convention nationale du transport sanitaire aux réalités ultramarines, les taxis réunionnais prévoient de limiter leurs courses à partir du 1er novembre.
La tension monte entre les taxis de La Réunion et l’Assurance maladie. Après une visioconférence tenue le 17 octobre dernier avec l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM), la Préfecture et la CGSS, la profession a pris acte du refus catégorique d’accorder aux Outre-mer le même forfait additionnel de 15 euros pour les transports sanitaires par taxi que celui appliqué dans les grandes métropoles hexagonales. À la place, un forfait limité à 3 euros leur sera attribué, une décision jugée « totalement déconnectée » de la réalité économique et sociale de l’île.
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Les représentants de la profession dénoncent un profond manque de considération pour les spécificités locales. Ils rappellent que le coût de la vie et d’exploitation y est nettement supérieur à celui de la métropole, que l’offre de soins est concentrée, entraînant des trajets longs et récurrents, et que la circulation est particulièrement dense. La forte prévalence de maladies chroniques comme le diabète impose également des déplacements réguliers pour les patients.
« Notre combat continue pour la justice, pour l’équité et pour nos patients »
Autre point de crispation : une note interne de l’UNCAM interdit à la CGSS de La Réunion toute négociation locale avant mars 2026, alors même qu’un décret publié le 8 août 2025 autorise de telles discussions immédiates. Pour l’intersyndicale, ce blocage administratif illustre une fois de plus le mépris institutionnel envers les Outre-mer.
En réponse, les taxis réunionnais annoncent la mise en place d’un service restreint à compter du 1er novembre et ce, jusqu’à l’application d’un forfait additionnel spécifique aux départements et régions d'outre-mer, adapté aux réalités territoriales. Ils soulignent avoir toujours été des partenaires de l’effort collectif, ayant permis à la Sécurité sociale d’économiser plus de 100 millions d’euros depuis 2008 grâce à une remise tarifaire.
Enfin, les syndicats réunionnais soutiennent l’initiative nationale de l’Interfédéral des Taxis de France, qui a saisi le Conseil d’État pour contester la légalité du modèle tarifaire imposé par la CNAM. Celui-ci est jugé inéquitable et contraire au principe d’égalité républicaine. « Notre combat continue pour la justice, pour l’équité et pour nos patients », concluent-ils.


