Malgré leur grève, les taxis de La Réunion n'ont rien obtenu

Les représentants syndicaux des taxis n'ont obtenu aucune avancée après leur échange en visioconférence avec le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie. Les chauffeurs de taxi envisagent une forme de grève du zèle lors des deux derniers mois de l'année, en n'acceptant plus que les courses rentables.
Entre abattement et colère, une vingtaine de chauffeurs de taxi était rassemblée sur le marché forain des Camélias, à Saint-Denis, ce vendredi 17 octobre en début de soirée, pour écouter le debriefing de leurs représentants syndicaux.
Ces derniers avaient appris la veille que le rendez-vous promis et annoncé la semaine dernière avec Thomas Fatôme, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie, aurait lieu aujourd'hui à 16h. Au bout de dix minutes de visioconférence, le président du Syndicat des artisans taxis de La Réunion Stevens Hoareau avait compris que ses revendications ne seraient pas entendues.
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« Ils ne veulent rien nous donner, parce que sinon ils disent qu'il faudra donner aux autres aussi. Il leur fallait une semaine pour nous dire cela ? », a déploré le syndicaliste devants ses collègues déçus. Pour toute concession, la CNAM aurait proposé de rediscuter avec les syndicats en janvier, afin de constater si les carences en transport de patients, annoncées par les taxis en raison d'une baisse de la prise en charge, se seront vérifiées.
« Prendre zéro patient à partir de lundi »
Les 517 taxis de La Réunion conventionnés avec la CGSS pour le transport de personnes malades vivent en effet principalement de cette activité. Or, la nouvelle convention qui entrera en vigueur au 1er novembre prévoit un tarif au kilomètre de 1,22 euro, soit une baisse de 61 centimes. Un forfait de transport de 3 euros s'ajoute à ce tarif, quand les taxis attendaient de la CNAM un montant de 15 euros, équivalent à celui accordé aux taxis dans les grandes agglomérations hexagonales.
« Non, il n'y aura pas de considération pour vous », a résumé Grégory Tréport, le président de la Fédération réunionnaise des artisans taxis, en insistant sur le fait que Thomas Fatôme, le DG de la CNAM, était un proche du président Emmanuel Macron, lequel a favorisé l'émergence des VTC.

Dans l'assistance, un taxi hausse le ton et propose de « prendre zéro patient à partir de lundi ». Les syndicats tempèrent et proposent plutôt de faire la preuve de l'importance de leur rôle majeur dans la chaîne de soin des malades.
« Malheureusement, vous allez trier des gens »
Comment ? Tout simplement en n'effectuant plus que les courses rentables, ce qui signifie, par exemple, de ne plus aller chercher les clients habitant dans les hauts. Selon Grégory Tréport, 33% des 85.000 courses effectuées chaque année (pour 1,5 million de personnes transportées) sont des trajets courts.
« Votre réflexe de chef d'entreprise, ce sera de trier, et malheureusement, vous allez trier des gens », a expliqué le président de la FRAT. Selon lui, il n'y a aucun doute que la carence dont souhaiterait avoir la preuve la CNAM, avant d'éventuellement réviser la grille tarifaire de la convention, va bel et bien se constater. Au détriment de la population de La Réunion.
L'intersyndicale (FRAT - SATR - FTI) n'a pas écarté le recours à des modes d'action plus visibles, comme les blocages ou les opérations escargot, mais se réserve le temps du week-end pour réfléchir à la suite à donner au mouvement.



