Grève des taxis : suspension du mouvement après la réunion à la CGSS

Reçus ce mercredi à la CGSS, les représentants des taxis annoncent une réécriture de la convention contestée et une finalisation qui doit intervenir dans un délai de 15 jours. En attendant, le mouvement est levé.
La mobilisation des taxis pourrait toucher à sa fin. Reçus ce mercredi 8 octobre à la CGSS, les représentants de l’intersyndicale ont obtenu la réécriture de la convention contestée, qui sera renvoyée à Paris pour validation. “Certes, ce n’est pas encore un oui, mais ça va arriver”, a confié Grégory Tréport, président du FRAT, se félicitant d’une avancée après trois jours de grève et de barrages filtrants aux quatre coins de l’île.
La finalisation de la nouvelle convention est attendue dans un délai d’environ quinze jours. Elle devrait s’appliquer pour une durée de cinq ans. Les représentants syndicaux espèrent y voir intégrée une revalorisation du forfait de transport sanitaire, actuellement fixé à 3 euros à La Réunion et en Outre-mer, contre 15 euros dans l’Hexagone. Une différence que la profession juge “inacceptable” au regard des coûts d’exploitation plus élevés dans les territoires ultramarins.
Selon l'intersyndicale FRAT - SATR - FTI, ce forfait vient notamment compenser le temps passé par les chauffeurs de taxi à accompagner les personnes malades, au-delà de leur simple transport sur le lieu de soin. Les grévistes témoignent notamment de pratiques courantes consistant à guider les malades dans les dédales d'un hôpital, ou même à les aider à marcher ou à remplir leurs formulaires d'entrée.
« On rentre dans une phase de négociation »
« On rentre dans une phase de négociation, où les chiffres ont été avancés, où nous on a dit pourquoi cela ne convient pas 3 euros à La Réunion, au lieu de 15 euros en France. La Réunion c'est trente-huit centres de dialyse et des personnes en situation de précarité qui ont besoin de se faire soigner et qui sont transportés par nos 512 taxis », a exposé Grégory Tréport, le président de la Fédération réunionnaise des artisans taxis.
Dans l'Hexagone, le forfait attribué dans les grandes ville pour le transport dans un taxi conventionné avec la CGSS se monte à 15 euros, « parce que vous avez une densité de population élevée, vous avez une circulation très compliquée et vous avez une prise en charge de la patientèle », a résumé Grégory Tréport, avant de faire valoir que ces facteurs devraient aussi être pris en compte dans notre île.
Mais nombre de chauffeurs en grève considèrent que c'est bien le maintien du prix de la course au kilomètre qui doit être renégocié avec la CGSS, plutôt que le forfait de transport sanitaire en taxi, dont le montant est dégressif si deux ou trois personnes sont prises en charge dans le même véhicule.
Si le mouvement est levé, le préavis de grève, lui, reste actif. Les chauffeurs assurent qu’ils se tiendront prêts à reprendre la mobilisation si les discussions n’aboutissent pas. Après plusieurs jours de tensions et de perturbations sur les routes, l’heure est donc à l’attente prudente d’un accord formel.
Lire aussi : Taxiteurs en grève : la pression reste forte, les taxis se positionnent au niveau de la CGSS
Pour rappel, la grève a fortement perturbé la circulation ce mercredi, avec des barrages filtrants installés dans plusieurs secteurs de l’île et une mobilisation record devant la préfecture. Les chauffeurs dénonçaient la baisse des tarifs du transport sanitaire prévue pour le 1er novembre, une réforme qu’ils jugeaient dangereuse pour la survie économique de leurs entreprises.


