Transport maritime : Windcoop veut desservir l'océan Indien avec son cargo à voile

La coopérative Windcoop, qui vient d'annoncer le lancement de sa ligne entre Marseille et Madagascar pour 2027, assure pouvoir réduire la consommation de Co2 de 60% grâce à un cargo doté d'une propulsion hybride, voile et moteur. Le transporteur maritime ambitionne d'ouvrir une ligne régionale dans l'océan Indien.
Remplacer les combustibles, comme le mazout lourd particulièrement sale actuellement utilisé pour propulser les porte-conteneurs du monde entier, par des carburants décarbonés, c'est l'une des principales préconisations de l'Organisation maritime internationale (OMI) pour réduire la pollution occasionnée par le transport maritime.
Entre 2013 et 2023, la pollution provoquée par le secteur a augmenté de +20% et représente aujourd'hui 3% des émissions totales de gaz à effet de serre, selon les chiffres de l'OMI. Si les majors comme Maersk communiquent déjà sur leurs avancées technologiques, comme le recours à des carburants de synthèse à base d'hydrogène « vert », ces solutions apparaissent encore coûteuses et contestées sur le plan environnemental.
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En France, la coopérative de transport maritime SCIC Windcoop, qui se présente comme une « entreprise militante », planche depuis 2022 sur la mise en service d'un cargo à voile permettant de rompre avec le modèle destructeur des grands transporteurs. Le mois dernier, Windcoop a annoncé la construction, par le chantier naval turc RMK Marine, de son premier cargo à voile.
Mais pour des questions de rendement économique, et contrairement à ce qui avait été initialement envisagé, le navire ne sera hélas pas intégralement propulsé par le vent. À la manière d'une voiture hybride thermique et électrique, le cargo disposera d'un moteur diesel lui permettant de garantir une vitesse moyenne de 9 nœuds (contre 15 nœuds pour les cargos conventionnels).
« Un modèle économique qui précarise les marins »
Un rythme jugé suffisant puisque le premier cargo Windcoop effectuera la liaison entre Marseille et Madagascar sans escale, en une trentaine de jours, en passant par une route actuellement sous tension, celle du canal de Suez.
Le choix de Madagascar est justifié par les marchandises à haute valeur ajoutée qui pourront être importées de la Grande Île, le président de Windcoop, Matthieu Brunet, étant aussi à la tête d'Arcadie, société spécialisée dans l'importation d'épices.
« Le transport maritime reste l'un des maillons les plus opaques du commerce mondial. Non seulement polluant, il repose aussi sur un modèle économique qui précarise les marins via des pavillons de complaisance. Chez Arcadie, nous défendons une rémunération juste pour les producteurs avec notre certification Biopartenaire. Il était donc contradictoire que nos marchandises bio et équitables voyagent sur des navires ne respectant pas ces principes », expose Matthieu Brunet dans un communiqué de presse.
Grâce à une grue de bord, le cargo aux trois voiles rigides de 1 050 m² peut décharger ou embarquer 2.500 tonnes de marchandises (210 EVP*) en parfaite autonomie. Outre le lancement de la ligne entre Marseille et les ports de Tamatave, Diego-Suarez et Majunga à Madagascar, la coopérative explique vouloir construire d'autres « routes maritimes durables ». Une ligne commerciale régionale dans l'océan Indien entre Maurice, La Réunion, Madagascar, Mayotte et Les Comores est ainsi à l'étude, afin de répondre aux « besoins des chargeurs et des territoires concernés ».



