Revenir à la rubrique : Faits divers

Trafic de drogue : une mule fait pénitence à la barre

Ecrit par L.C. – le vendredi 30 mai 2025 à 15H32

Sous régime de la comparution immédiate, un jeune homme était jugé pour avoir transporté du cannabis, de la cocaïne et de l'ecstasy dans une valise depuis Paris. Valeur de la marchandise : plus de 300.000 euros. Sa défense ? Il affirme agir sous la contrainte.

Moustapha détaille sans détour le cheminement qui l’a mené à se faire interpeller, une valise bourrée de drogue, à l’aéroport de Roland-Garros le 4 avril dernier.

Originaire du 91, en région parisienne, le jeune homme d’à peine 22 ans explique qu’il s’est retrouvé dans ce trafic de stupéfiants à cause d’un homme qui ferait pression sur lui. Pour étayer son propos, il évoque une agression au couteau en 2022. Depuis ce jour, il serait sous la menace et contraint d’être un exécutant, craignant pour sa vie ou celle de ses proches.

Ainsi, Moustapha raconte un premier voyage à La Réunion pour le compte de son agresseur. Il devait servir de "diversion" pour une autre mule, afin de passer plus aisément les contrôles. Or, le jeune homme admet s’être "dégonflé", faisant capoter la mission. L’autre mule ayant été interpellée.

Pour ce second voyage, Moustapha transporte dans sa valise 15 kilogrammes de cannabis, un kilo de cocaïne et un de MDMA. Valeur approximative de la marchandise : 336.350 euros. Le jeune homme a été intercepté le 4 avril à l’aéroport de Roland-Garros par les douaniers.

Une "victime" pas si innocente

Attrapé la main dans le pot de confiture, Moustapha assure donc aux magistrats avoir été impliqué contre sa volonté dans ce trafic de stupéfiants. Toutefois, une analyse de son téléphone permet de constater plusieurs choses : d’abord, sur son GSM personnel, des photos de marchandises. Aussi, on apprend grâce à la téléphonie que le jeune homme est coutumier du changement de carte SIM.

Un comportement suspect, comme il sera qualifié par le ministère public lors de ses réquisitions, qui est renforcé par l’utilisation répétée des services de messageries éphémères type Snapchat ou Signal.

Après une perquisition de son domicile en région parisienne, deux plaquettes de cannabis sont retrouvées chez lui. Concernant son casier judiciaire, il s’avère vide. Hormis deux condamnations, prononcées par le tribunal pour mineurs, pour des faits d’extorsion avec violences.

Les mules, des "Kleenex" jetables pour les trafiquants

"Du baratin", voilà comment est qualifiée la défense de Moustapha par la procureure lors de ses réquisitions. Elle explique que non, Moustapha n’est pas l’innocente victime du dossier. Elle s’appuie sur les arguments cités plus haut, concernant les cartes SIM changeantes, son usage des messageries éphémères et la drogue retrouvée chez lui.

Ainsi, elle requiert à son encontre une peine de cinq ans de prison, dont un an avec sursis probatoire. Elle rejoint également les réquisitions émises concernant l’amende douanière à hauteur de 336 350 euros.

L’avocat de la défense déplore "les fantasmes" de l’accusation, qui ferait passer son client pour un homme ancré dans le trafic de drogues et la criminalité. Il rappelle que son client n’a jamais été condamné pour des faits liés à de la drogue. Il appuie la thèse des pressions et des menaces, pour lesquelles son client n’a jamais changé sa version des faits. Selon la robe noire, les mules sont aussi victimes, les têtes de réseaux s'en servant comme des "Kleenex" que l'on peut jeter à loisir.

Ce dernier a même produit une lettre pour le tribunal, se disant "désolé" et affirmant avoir pris conscience de la portée de ses actes.

Le tribunal a décidé de condamner Moustapha à trois ans de prison.

Etiquettes : Drogues | Trafic de drogue

Dans la même rubrique

0💬
Tri :