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Tirs, panique et enquête mal ficelée: la soirée Karavan La Kour du Chaudron se termine en prison

Ecrit par Lucas Candessoussens – le mercredi 28 janvier 2026 à 18H31

Jordan H. et Yann C. sont tous deux soupçonnés d’avoir, à Saint-Denis, en novembre dernier, provoqué le chaos lors d’un rassemblement organisé par la mairie. Nullité soulevée, enquête qui interroge… compte rendu d’une audience mouvementée.

Retour en novembre 2025. Le soir du 29, la municipalité de Saint-Denis organise un événement récréatif au Chaudron. Au programme, des jeux pour les gamins, un concert, des animations… Bref, de quoi passer une bonne soirée en perspective. Sauf que les festivités sont interrompues par deux individus qui font irruption sur scène : pendant que l’un se saisit du micro des mains du chanteur et balance sa haine contre la ville de Saint-Denis et son équipe municipale, l’autre tire en l’air avec un gomme-cogne.

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Scène de panique, forcément, et les deux individus en profitent pour filer. Sur l’alerte d’un agent de sécurité, un équipage de police se lance aux trousses des deux hommes, dont on ne connaît, à ce stade, que la description vestimentaire. L’un d’eux, Jordan H., correspond à peu près à la description. Ce qui sera identifié par son paternel comme étant sa veste a été trouvée non loin de là et correspond à ce que cherchent les fonctionnaires de police.

Agression lors de l’interpellation

Jordan H. est donc interpellé. Dans un premier temps, cela se passe bien. Mais une fois dans le véhicule de police et à la vue de ses proches qui protestent, le jeune homme perd ses moyens : il distribue des coups de pied aux policiers, crache et les menace de mort, eux et leurs familles. En garde à vue, c’est silence complet.

Ainsi commence un travail d’enquête pour les policiers. Pour le moment, Jordan H. n’est pas mis en cause pour ce qu’il s’est passé sur scène. Les enquêteurs récoltent des éléments, comme une vidéo, des témoignages, et établissent des planches photos. Deux hommes sont ainsi confondus : Jordan H. et Yann C.

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Le premier est soupçonné d’être celui qui est monté sur scène, crachant sa haine contre la municipalité ; quant au second, il est soupçonné d’avoir tiré avec le gomme-cogne. Or, lors de la perquisition chez Yann C., rien n’est retrouvé chez lui.

Refaire le fil de la soirée

C’est ainsi que ce mercredi 28 janvier, Jordan H. et Yann C. se retrouvent en comparution immédiate. Eux restent fermes sur leurs positions : Yann C. affirme qu’il a « fait acte de présence » lors de la soirée avant de partir tranquillement chez lui, aux Camélias. Jordan H. reconnaît s’être rebellé violemment contre les forces de l’ordre, mais nie toute implication quant aux menaces contre la municipalité et les violences sur la scène.

Cette enquête repose sur l’identification des deux loubards : deux agentes de la municipalité vont les confondre, bien que, sur ce point, il y ait une difficulté. En effet, un coup l’une d’elles ne reconnaît pas Jordan H., l’autre oui ; Yann C. se retrouve sur une planche photo sans élément préalable antérieur… Sur ce point, les avocats de la défense vont d’ailleurs soulever des nullités en préambule de l’audience.

Deux condamnations

Deux avocats sont missionnés en partie civile : d’une part, pour les policiers agressés lors de l’interpellation ; l’autre représente les intérêts d’une agente de la commune et d’Ericka Bareigts, menacée lors de l’événement, bien que non présente.

La procureure est bien obligée de reconnaître que certaines procédures ne sont que peu respectées lors de l’enquête : d’abord, la planche photo de Yann C. Aucun élément antérieur ne pouvait le relier à cette affaire. Puis, lors de l’identification des auteurs présumés derrière une vitre teintée, les avocats des deux hommes n’ont pas été avisés. Aïe.

Cela n’empêche pas le ministère public de requérir une peine de 18 mois d’emprisonnement pour Jordan H., dont 6 mois avec sursis, et l’obligation d’indemniser les victimes. Pour Yann C., elle demande le renvoi des poursuites.

La défense des deux mis en cause épingle un dossier « ficelé » pour trouver des coupables. Ils estiment que les éléments associant Jordan H. et Yann C. aux événements chaotiques du concert ne sont pas probants.

La finalité est que le tribunal a retenu les exceptions de nullité soulevées par la défense, mais qu’au vu des divers témoignages récoltés, leur culpabilité doit être retenue. Jordan H. est condamné à 18 mois de prison, assortis d’un sursis de 6 mois, et Yann C. à 18 mois d’emprisonnement. Direction la zol, comme dit kréol.

Etiquettes : Chaudron | Saint-Denis

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