Revenir à la rubrique : Santé

Téléphones portables et cancer : l’Anses ne voit aucun lien établi

Ecrit par N.P. – le mercredi 26 novembre 2025 à 10H43

Publié ce mercredi, l’avis très attendu de l’Anses conclut que les connaissances actuelles ne permettent ni de confirmer ni d’exclure un effet cancérogène lié à l’usage du téléphone portable. Malgré l’analyse de centaines d’études, le niveau de preuve reste insuffisant pour trancher.

L’avis est tombé ce mercredi, après six ans d’expertise et l’examen d’environ 250 études scientifiques : l’Anses estime qu’il n’existe aujourd’hui aucune preuve permettant de conclure à un effet cancérogène du téléphone portable, tout comme il est impossible d’écarter totalement cette hypothèse. Selon l’agence, « les données disponibles ne permettent pas de conclure à l’existence ou à l’absence d’un effet cancérogène » chez l’humain.

Pour parvenir à cette conclusion, l’Anses a passé au crible trois types de données : les études épidémiologiques portant sur les utilisateurs, les recherches menées chez l’animal et les travaux mécanistiques qui analysent les réactions cellulaires liées à l’exposition aux radiofréquences. Organe par organe, l’agence a appliqué une méthodologie stricte d’évaluation du niveau de preuve. Résultat : aucune étude ne permet aujourd’hui d’établir un lien clair entre l’usage du téléphone portable et la survenue d’un cancer.

Le cerveau, naturellement le plus étudié en raison de la proximité du mobile lors des communications, ne montre pas d’association robuste. Les experts écrivent que « les données épidémiologiques ne permettent pas de conclure à un effet cancérogène ou à l’absence d’un effet cancérogène ». Quelques études cas-témoins suggèrent un risque chez certains « très gros utilisateurs », mais leurs résultats manquent de cohérence ou souffrent de biais de mesure. Les études de cohorte, plus solides, ne mettent en évidence aucun effet.

Pour les leucémies et lymphomes, les travaux disponibles ne montrent pas non plus de relation entre l’utilisation du téléphone portable ou l’exposition aux réseaux mobiles et l’apparition de cancers du sang. Dans la plupart des autres organes, la littérature scientifique reste trop limitée ou trop dispersée pour nourrir une conclusion.

Les radiofréquences des téléphones peuvent déclencher certaines réponses biologiques

Les études animales, essentielles pour repérer des effets sur le long terme, ne fournissent pas davantage d’indications concluantes. Les travaux robustes sont peu nombreux et, dans l’ensemble, ne révèlent pas de hausse significative de tumeurs, à l’exception d’un cas spécifique de tumeurs bénignes observé chez des souris mâles dans une étude américaine. Quelques signaux isolés existent, mais sans cohérence entre espèces ou organes.

Les analyses mécanistiques montrent, elles, que les radiofréquences des téléphones peuvent déclencher certaines réponses biologiques — génotoxicité, stress oxydant, inflammation — mais pas de façon constante ni suffisamment documentée pour établir un mécanisme cancérogène.

Au terme de cette revue exhaustive, l’Anses rapproche sa conclusion du classement des agents « inclassables » quant à leur cancérogénicité. L’agence rappelle toutefois que l’analyse est formulée « à date », et que l’évolution des usages (smartphones plus puissants, consommation accrue de vidéo, expositions répétées) nécessitera de nouvelles recherches.

Lire aussi : Les téléphones portables interdits dans tous les collèges dès la rentrée 2025

Enfin, l’Anses encourage un usage « raisonné » du téléphone portable, soulignant que d’autres effets sanitaires sont, eux, déjà établis : perturbations du sommeil liées à la lumière bleue, sédentarité accrue, ou encore impacts énergétiques et environnementaux des réseaux numériques.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :