Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Surprenante supériorité des peuples primitifs

([Il est temps de briser l’anthropocentrisme et de passer au biocentrisme]urlblank:https://laterredabord.fr/?p=17090 ) LA DIVISION du travail, qui a si largement contribué à nous plonger dans la crise mondiale de notre temps, œuvre quotidiennement à nous empêcher de comprendre les origines de l’horreur actuelle. Mary Lecron Foster pêche indéniablement par euphémisme lorsqu’elle affirme qu’aujourd’hui l’anthropologie est […]

Ecrit par François-Michel Maugis – le mercredi 22 décembre 2021 à 15H02

([Il est temps de briser l’anthropocentrisme et de passer au biocentrisme]urlblank:https://laterredabord.fr/?p=17090 )

LA DIVISION du travail, qui a si largement contribué à nous plonger dans la crise mondiale de notre temps, œuvre quotidiennement à nous empêcher de comprendre les origines de l’horreur actuelle.

Mary Lecron Foster pêche indéniablement par euphémisme lorsqu’elle affirme qu’aujourd’hui l’anthropologie est « menacée d’une fragmentation grave et destructrice ». Shanks et Tilley se font l’écho d’un problème similaire : « L’objet de l’archéologie n’est pas seulement d’interpréter le passé mais de transformer la manière dont il est interprété au profit de la reconstruction sociale actuelle. » Évidemment, les sciences sociales, en elles-mêmes, s’interdisent le recul et la profondeur de vue qui permettraient pareille reconstruction. Au chapitre des origines et du développement de l’humanité, l’éventail des domaines et des sous-domaines toujours plus ramifiés – anthropologie, archéologie, paléontologie, ethnologie, paléobotanique, ethnoanthropologie, etc. – reflète l’effet réducteur et incapacitant dont la civilisation a fait preuve depuis ses balbutiements. La littérature spécialisée peut néanmoins fournir une aide hautement appréciable, à condition de l’aborder avec la méthode et la vigilance appropriées, à condition d’être décidé à en franchir les limites.

En fait, la déficience des modes de pensée plus ou moins orthodoxes correspond aux exigences d’une société toujours plus frustrée. L’insatisfaction à l’égard de la vie se transforme en méfiance vis-à-vis des mensonges officiels qui servent à légitimer de telles conditions d’existence ; elle permet ainsi d’ébaucher un tableau plus fidèle du développement de l’humanité.

On a longtemps expliqué le renoncement et la soumission qui caractérisent la vie moderne par les contingences de la « nature humaine ». Au bout du compte, le mythe de notre existence pré-civilisée, prétendument faite de privations, de brutalité et d’ignorance a fini par faire apparaître l’autorité comme un bienfait qui nous a sauvés de la sauvagerie. On invoque toujours l’« homme des cavernes » et l’« homme de Néanderthal » pour nous rappeler où nous en serions sans la religion, l’État et le travail pénible. Or, cette vision idéologique de notre passé a été radicalement bouleversée au cours des dernières dizaines d’années grâce aux travaux d’universitaires comme Richard Lee et Marshall Sahlins. On a ainsi abouti à un renversement presque complet de l’orthodoxie anthropologique, lourd de conséquences.

On admet désormais que, avant la domestication – avant l’invention de l’agriculture –, l’existence humaine se passait essentiellement en loisirs, qu’elle reposait sur une intimité avec la nature, sur une sagesse sensuelle, source d’égalité entre les sexes et de bonne santé corporelle. Telle fut notre nature humaine pendant environ deux millions d’années – avant notre asservissement par les prêtres, les rois et les patrons.

…………………

DeVries a fait toutes sortes de comparaisons permettant d’établir la supériorité des cueilleurs-chasseurs en matière de santé, dont l’absence de maladies dégénératives et d’infirmités mentales, ainsi que la capacité d’accoucher sans difficulté et sans douleur. Il a aussi noté que ces qualités s’érodent peu à peu à la suite du contact avec la civilisation. Dans le même ordre d’idées, on dispose de nombreuses preuves non seulement de la vigueur physique et émotionnelle des primitifs mais aussi de leurs remarquables capacités sensorielles.

……………….

Et, en guise de conclusion :

« DÉFINIR » UN MONDE désaliéné serait impossible voire indésirable, mais je crois que nous pouvons et devrions essayer de révéler le non-monde d’aujourd’hui et comment il en est arrivé là. Nous avons pris un mauvais tournant monstrueux avec la culture symbolique et la division du travail ; nous avons quitté un lieu d’enchantement, de compréhension et de totalité pour atteindre l’absence que nous trouvons aujourd’hui au cœur de la doctrine du progrès. Vide et de plus en plus vide, la logique de la domestication, avec ses exigences de totale domination, nous montre aujourd’hui la ruine d’une civilisation qui ruine tout le reste. Présumer de l’infériorité de la nature favorise la domination de systèmes culturels qui ne vont pas tarder à rendre la Terre elle-même inhabitable. 91 Le postmodernisme nous dit qu’une société sans relations de pouvoir ne peut être qu’une abstraction. C’est un mensonge, à moins que nous n’acceptions la mort de la nature et que nous ne renoncions à tout jamais à ce qui fut jadis et à ce qui pourrait être de nouveau. Turnbull a parlé de l’intimité entre les Mbouti et la forêt, et de leur façon de danser comme s’il faisait l’amour à la forêt. Dans une vie où les êtres étaient égaux, laquelle n’avait rien d’une abstraction et s’efforce de se maintenir encore aujourd’hui, ils « dansaient avec la forêt, dansaient avec la lune ».

D’après une publication de [https://laterredabord.fr/documents/futurprimitif.pdf]urlblank:https://laterredabord.fr/documents/futurprimitif.pdf  

 

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Le Bon sens

(Les humains seraient-il monstrueusement insensés ?)

Qui est responsable du chaos?

Je suis impressionné par le nombre de personnes qui souhaitent devenir premier ministre de Macron ! L’intéressé s’en amuse, écrit aux Français sur l’incapacité de ces prétendants de s’accorder, et part en voyage aux Etats-Unis. La course à la soupe n’aide pas à clarifier la situation critique dont la responsabilité en revient au Président de la République. A lui seul !