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Suppression de postes d’enseignants à La Réunion : Philippe Naillet craint pour la jeunesse réunionnaise

Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 29 janvier 2026 à 10H20

Le député socialiste Philippe Naillet dénonce la suppression de 90 postes d’enseignants à La Réunion, qu’il juge incompatible avec l’urgence éducative et sociale du territoire.

L’annonce de la suppression de 90 postes d’enseignants à La Réunion dans le cadre du budget 2026 continue de susciter de vives réactions. Le député de la 1ère circonscription Philippe Naillet fait part de sa « vive inquiétude » face à une décision qu’il juge lourde de conséquences pour l’avenir de la jeunesse réunionnaise.

Dans un contexte déjà marqué par de fortes fragilités scolaires, l’élu rappelle que ces suppressions concernent à la fois le premier degré (25 postes) et le second degré (65 postes). Une orientation budgétaire qu’il estime « déconnectée des réalités locales », alors même que l’île affiche des indicateurs bien plus dégradés que dans l’Hexagone.

À La Réunion, près de 3 100 jeunes quittent chaque année le système scolaire avant l’âge de 18 ans, et près d’un tiers des 15-29 ans sortis de l’école ne disposent d’aucun diplôme qualifiant. Des chiffres « deux fois plus élevés que dans le reste du pays », souligne le député, qui y voit la preuve de l’urgence à renforcer l’accompagnement éducatif plutôt qu’à réduire les moyens humains.

« Une école républicaine ambitieuse et inclusive »

Philippe Naillet met également en garde contre l’impact social de ces suppressions. « Réduire les effectifs enseignants, c’est fragiliser davantage les parcours scolaires », affirme-t-il, rappelant que « les jeunes déscolarisés précocement à La Réunion rencontrent des difficultés majeures pour accéder à l’emploi : près de 47 % des 15-29 ans sont aujourd’hui sans emploi, et les trois quarts des jeunes ayant quitté le système scolaire tôt n’ont pas de travail ». Selon lui, les coupes annoncées risquent d’accentuer le décrochage scolaire et de compromettre durablement l’insertion professionnelle de milliers de jeunes.

L’élu pointe enfin la responsabilité du gouvernement, dénonçant un budget adopté « par un passage en force », et appelle l’exécutif à revoir sa copie. Il demande le maintien des effectifs enseignants sur le territoire afin de garantir « une école républicaine ambitieuse et inclusive », capable d’offrir à chaque élève les conditions de sa réussite.

Lire aussi : Rentrée 2026 : la FSU dénonce des suppressions de postes "inacceptables" à La Réunion

Pour Philippe Naillet, l’enjeu dépasse largement la seule question budgétaire : il s’agit, insiste-t-il, de préserver l’avenir de toute une génération.

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