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Ste-Suzanne : conseil municipal sous tension

Le conseil municipal de Sainte-Suzanne a pu se tenir hier soir après deux semaines de paralysie de la mairie. Un blocage orchestré par une bonne partie des employés communaux eux-mêmes qui réclamaient entre autres une revalorisation salariale ainsi que l'établissement d'un réel plan de valorisation de carrières pour l'ensemble des agents communaux.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 21 avril 2011 à 07H22

Retour aux affaires courantes à Sainte-Suzanne où le conseil municipal a pu délibérer, dans un climat plus que tendu.

Après avoir pris acte que le quorum était atteint, Daniel Sautron, porte-parole des employés communaux grévistes, interrompt la maire Yolande Pausé. Mais il se voit signifier une fin de non recevoir à sa demande de dépôt d'une motion. "Nous sommes en conseil municipal, seuls les élus prennent la parole. Vous n'avez pas à intervenir et encore moins pour y demander une motion", argue la première magistrate de la ville qui n'aurait pu craindre plus délicate entrée en matière.

Alors que la lecture de l'ordre du jour commence à peine, un autre protagoniste fait irruption. Faisant partie des employés mécontents de la politique générale de la municipalité, il entreprend de distribuer à chaque élu mais aussi à l'assistance des photocopies de la-dite motion. De quoi déstabiliser la suite du conseil pendant 5 bonnes minutes.

Privilégier l'embauche locale, c'est-à-dire de Ste-Suzanne

Cette motion renferme les mêmes griefs évoqués depuis deux semaines par les agents communaux "débrayeurs". "Mise en place d'un véritable plan de carrière pour l'ensemble des agents, organisation d'un plan de titularisation, revalorisation salariale ou encore valorisation de l'embauche locale" (comprenez par là "de Sainte-Suzanne), les revendications ne manquent pas. Exit donc la venue d'un directeur de cabinet venu (selon les rumeurs) de Saint-Louis après la confirmation par Yolande Pausé qu'elle renonçait à ce recrutement.

 

En une heure et demie, le conseil a donc été évoqué le Plan Local d'Urbanisme qui doit par ailleurs attendre les prescriptions du futur Schéma d'Aménagement Régional mais surtout voté, à la quasi unanimité (1 contre, 2 abstentions), le budget primitif de la commune (37 millions d'euros pour l'exercice 2011). Les élus de l'opposition n'ont pas manqué de rappeler à l'équipe municipale que les impôts locaux allaient augmenter de 2%. Didier Lombard, pourtant de la majorité (lutte ouvrière) s'est désolidarisé. "Nous avons été élus grâce aux classes populaires. En ce sens, cette augmentation ne correspond pas aux attentes de cette population", a-t-il affirmé.

"Je recevrai à nouveau le personnel communal"

Cette épineuse thématique des taxes locales a débordé sur le terrain politique. "Je ne suis pas d'accord avec cette augmentation des impôts quand, dans le même temps, on fait venir un directeur de cabinet extérieur à la ville" n'en démord pas Antonio Grondin en agitant la motion remise en début de conseil municipal, histoire de signifier qu'au-delà des affaires courantes, les revendications des employés communaux devaient primer.

"Je recevrai à nouveau le personnel communal prochainement" a répondu Yolande Pausé, en essayant de calmer le jeu alors que la rumeur d'une démission du conseil municipal traînait ci et là pendant la séance. Il n'en a rien été.

De toute cette agitation, les acteurs n'en ont pas moins oublié l'absence remarquée de Daniel Alamélou, 1er adjoint au maire.

A 19h30, Yolande Pausé pouvait lever le conseil municipal sans doute un peu plus rassurée.

 

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