Station d'épuration et difficultés de budget au coeur du débat politique à St-Joseph

Cinq heures, c'est le temps qu'ont pris les élus de Saint-Joseph pour discuter et voter les 75 affaires programmées lors du Conseil municipal, hier soir. Mais ce sont bien les conséquences de la réduction des recettes de l'Octroi de mer sur le budget de la commune et le projet de station d'épuration qui ont été prioritaires, tant les élus de la majorité et de l'opposition y ont mis de l'énergie.
Validation du programme des travaux, autorisation de souscrire le marché public de maîtrise d'oeuvre et approbation du projet d'investissement et du plan de financement prévisionnel de la station d'épuration ont donc été discutées en premier lieu. Après une présentation du projet et des différentes solutions techniques présentées par un bureau d'étude l'opposition, Franco Floricourt et Gérard Ker'Bidy en tête, se sont lancés dans une série de questions relatives au choix du site et aux conséquences sur les désagréments liés à la réalisation du projet : "On nous garantit qu'il n'y aura pas d'odeurs au-delà d'un rayon de 100 mètres, mais qu'en est-il du vent ?" interroge Gérard Ker'Bidy.
C'était sans compter sur un Michel Gérard des grands soirs. Le délégué au développement durable a rappelé que l'on ne pouvait pas garantir l'absence totale d'odeurs et qu'il "s'agissait de réparer et faire ce qui n'a jamais été fait. (...)." Quant aux problèmes des odeurs liées aux caprices du vent, tout devrait être mis en oeuvre pour les réduire au maximum : "Le vent peut toujours tourner..." a t-il confié.
Seule commune de 35.000 habitants à ne pas avoir de station d'épuration, Saint-Joseph n'a plus droit à l'erreur. En effet, la commune devra en être équipée avant le 31 décembre 2011.
Prônant un débat intercommunal, Patrick Lebreton estime que ce dossier doit être l'affaire de tous : "C'est un dossier que l'on doit construire ensemble" souligne le député-maire, avant d'ajouter que des micro-stations d'épuration sortiront de terre en complément au projet.
Programmés pour débuter en octobre 2010 et se terminer en mai 2012, les travaux de la station d'épuration devraient être financés à 36% par le Fonds européen de développement régional (FEDER), à 24% par un partenaire public et à 40% par la commune de Saint-Joseph, ce qui représente au total, TVA comprise, 9,438 millions d'euros.
"Tirer le frein à main sur la quatre voies..."
Patrick Lebreton n'a pas manqué de saluer l'initiative du maire de Petite-Île, Guito Ramoune, sur le point presse qu'il a tenu sur le sujet des conséquences de la réduction des recettes de l'Octroi de mer. Des réductions qui ont aussi occupé une large part des débats.
Concernant le Budget principal, plusieurs réajustements des crédits ont été décrits par le Directeur des Finances, Frédéric Zajakala. En recettes de fonctionnement, de nouvelles recettes non prévues ont été inscrites au budget supplémentaire telles que les impayés des cantines, les loyers de la ZAC des Grègues ou encore la participation de la CAF.
Quant à l'investissement, plusieurs subventions devraient intervenir en provenance du Fonds d'amortissement des Charges d'Electrification (FACE), du Fonds européen agricole pour le Développement rural (FEADER). Des subventions associées à une obligation d'ajuster un certain nombre de dépenses à la baisse à l'image des frais de fonctionnement.
Résultat, la section de fonctionnement diminue de 300.000 euros tandis que les investissement se stabilisent à 3,7 millions d'euros ce qui a fait dire au député-maire que son équipe avait eu l'impression de "tirer le frein à main sur la quatre voies"


