St -Pierre : Une société de rechapage de pneus poursuivie pour avoir mis en danger la santé et la sécurité de ses voisins

En effet, le local en question n’est pas considéré comme aux normes, d’autant que la société en question bénéficie d’un label des installations classées protection de l'environnement (ICPE) et doit se conformer aux dispositions du Code de de l’environnement. L'eau pluviale s’infiltre en effet dans les pneus stockés dehors. Elle reste ainsi stagnante, ce qui constitue un foyer pour les gîtes larvaires et un risque pour la prolifération de la dengue. Pour ce type d’infraction, les personnes morales encourent jusqu'à 15.000 € d’amende.
En l'absence de réaction de la part de la SARL suite à différentes mises en demeure, cette dernière a été poursuivie en justice. Mais à l'issue de l'audience de première instance, en septembre 2022, l’entreprise a été relaxée des faits qui lui étaient reprochés pour une question de procédure. Le parquet a fait appel de cette décision, l'affaire étant examinée une seconde fois par les magistrats de la rue Juliette Dodu ce jeudi.
Quelques jours avant le premier procès, la DEAL avait procédé à un nouveau contrôle et constaté que la situation s'était nettement améliorée puisqu'il ne restait que 25 pneus à l’extérieur, chacun contenant cependant de l'eau de pluie. A cette occasion, le gérant avait affirmé ne pas avoir été informé des arrêtés préfectoraux pris à son encontre. En outre, il avait déclaré lors de l'enquête menée par le parquet de Saint-Pierre qu'il ne savait pas que son installation était classée ICPE.
En appel ce jeudi, l’agent de la DEAL a indiqué qu’il avait fallu 15 ans et une convocation devant le tribunal correctionnel pour qu’enfin une amélioration notable soit constatée. Quant à la représentante de la société, elle a précisé qu’en 2006, le gérant lui-même avait fait les démarches afin que sa société soit classée ICPE. "Il ne pouvait pas donc pas l'ignorer," a fustigé Nathalie Le Clerc'h, précisant que "le pneu est le pire déchet dans la lutte vectorielle".
"Pourquoi l’entreprise n’a-t-elle pas été fermée ?", a questionné une des magistrates de la cour. "La suspension d’activité ne résout pas la situation", a indiqué l’agent représentant la DEAL.
Pour le parquet général, l'infraction étant constituée et le gérant parfaitement au courant de la situation, une amende de 20.000 € à été requise.
"Pour respecter une mise en demeure, encore fallait-il l’avoir reçue. C’est la règle de la procédure. Les arrêtés n’ont pas été signifiés de manière régulière. Il n’y a pas de pièce dans ce sens au dossier. L’arrêté d’urgence de 2019 n’a pas été correctement notifié, celui de 2020 s’appuyant sur le précédent, ça ne peut pas marcher non plus", a détaillé le bâtonnier Djalil Gangate en défense plaidant une nouvelle fois la relaxe.
La cour a mis sa décision en délibéré au 6 juillet prochain.


