St-Louis : Redressé fiscalement, le commerçant devient trafiquant de drogue

Lundi 24 avril à Sainte-Rose, un speed boat était retrouvé échoué au niveau de l’Anse des cascades, à Sainte-Rose. À première vue, le bateau était utilisé dans le cadre d'un trafic de drogue et d'oiseaux entre la Réunion et l'île sœur, sauf que sur place, aucune trace des occupants ni de marchandise. Le jour-même, les gendarmes avaient réussi à mettre la main sur trois individus de nationalité mauricienne qui devaient charger plusieurs kilos de zamal avant d'être victimes d'une avarie moteur.
A la Réunion, un Saint-Louisien était, selon les premiers éléments leur contact sur place, chargé de faire l'intermédiaire entre les cultivateurs de zamal péi et les trafiquants. Le bazardier est soupçonné d'avoir acheminé des fonds avec la complicité de sa compagne et la mère de cette dernière à Maurice. Cent kilos de cannabis auraient été retrouvés dans son véhicule ainsi qu'un pistolet automatique, des munitions et une balance de précision. Des messages interceptés, - "le produit va partir" - feraient état de son implication que pourtant il minimise.
Ce mardi, l'intéressé faisait par la voix de son conseil appel du rejet de sa demande récente de remise en liberté. Le juge des libertés et de la détention n'a pas motivé sa décision. Il s'est prononcé sur le fond du dossier. "Sa décision est nulle", a fait valoir Me Iqbal Akhoun. La robe noire a en outre décrit le profil de son client comme celui d'un commerçant de Saint-Louis au casier judiciaire vierge qui avait fait fortune et qui n'avait nullement besoin de s'inscrire dans le trafic de stupéfiants. C'était cependant sans compter sur un redressement fiscal de 700.000 euros. La faute incomberait toujours selon l'avocat à "cette femme qui est aux manettes". Ce serait elle qui aurait proposé au mis en cause cette affaire et qui aurait préparé les ballots de zamal.
Les magistrats de la rue Juliette Dodu ont décidé que le Réunionnais resterait derrière les barreaux jusqu'à nouvel ordre.


