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Soupçonné de menaces de mort envers Joé Bédier, il est finalement relaxé

Hier après-midi, un Saint-Andréen a comparu devant le tribunal de Champ-Fleuri pour des faits de violences et de menaces de mort. Coutumier des tribunaux, avec 24 condamnations à son casier judiciaire, l'homme est accusé de menaces contre le maire de la commune, Joé Bédier, et d’agression sur une employée de la mairie. Récit.
Ecrit par Lucas Candessoussens – le jeudi 14 novembre 2024 à 10H33

Il est environ 17h20 ce vendredi 8 novembre lorsqu’un homme fait irruption dans les bureaux de la mairie de Saint-André. Une employée est surprise, car à cette heure-ci, le bâtiment est fermé au public. De plus, l’invité inattendu semble très remonté contre le maire et ses édiles, vociférant des menaces et bousculant même l’employée.

Sous le choc, la femme est mise à l’abri grâce à l’intervention de la police municipale. Son « agresseur », quant à lui, est conduit hors de la mairie, puis interpellé par la police.

Interrogée, la victime explique aux autorités que cet homme, bien connu à Saint-André, hurle des menaces à l’encontre de Joé Bédier, le maire, et menace de réduire en cendres le bâtiment. Voulant un entretien avec le maire, le forcené tente de s’imposer face à l’employée avant de la bousculer. Ces faits, corroborés par les policiers municipaux, s’aggravent par l’état d’ébriété manifeste de l’homme, qui refuse sur le moment le contrôle d’alcoolémie.

Deux versions qui s’affrontent

 

Le forcené de cette audience, c’est Joshua*. Le Saint-Andréen est présenté à la barre ce mercredi 13 novembre pour des faits de menaces de mort et de violences en état d’ivresse, sans incapacité. Son casier judiciaire est long, avec près de 24 mentions pour des faits multiples comme vol, violences, conduite en état d’ivresse ou encore… menaces de mort.

Oui, Joshua se retrouve à nouveau devant les tribunaux, alors qu’en février de la même année, il a été condamné pour des faits similaires. Mais à la barre, il dément toute menace. Selon lui, il n’a jamais menacé l’édile de la commune, bien qu’il admette avoir haussé la voix.

Joshua explique que, s’il se trouvait à l’heure de fermeture de la mairie, c’est parce qu’il souhaitait obtenir des nouvelles de sa demande de logement social. Il affirme avoir des contacts avec un proche de Joé Bédier pour faire avancer son dossier. Le suspect reconnaît s’être énervé, mais nie toute violence ou menace de mort envers l’édile et les employés de la mairie de Saint-André.

 

Un flou persiste

 

Les dépositions des agents municipaux abondent sur le caractère colérique et aviné de Joshua au moment de son interpellation. Ils retrouvent également l’employée agressée en état de choc. Leur intervention fait suite à l’appel d’une autre employée, qui a croisé Joshua dans les couloirs de la mairie peu avant les faits. En conséquence, le ministère public requiert 10 mois d’emprisonnement et la révocation de son sursis probatoire. Ni le maire ni sa collègue ne se constituent partie civile dans ce dossier.

Dès le début de sa plaidoirie, l’avocat de Joshua plaide la relaxe de son client. Selon lui, le profil et le passif de ce dernier ne jouent pas en sa faveur. Cependant, il souligne que la vidéosurveillance ne montre aucune scène de violence, verbale ou physique. De plus, il démontre que les menaces de mort n’ont été entendues que par une seule personne : la victime (Joé Bédier n’étant pas présent à cette heure-là). Cette même victime affirme avoir prévenu la police municipale lors de l’altercation, alors que ce rôle revient à sa collègue.

Cette même police municipale, dans ses dépositions, ne mentionne pas de menaces envers l’édile. Ainsi, le tribunal décide de requalifier les faits, abandonnant les accusations de menaces de mort et de violences. Les faits sont requalifiés en menace de commettre des dégradations. Joshua, lui, repart en détention.

 

* Prénom d'emprunt

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