Sortir de la crise requin: Recentrer sur les actions

Une crise doit avoir une sortie à un moment donné.
Des explications récentes du groupe Sea Shepherd sur l'escalade argumentaire et les procès d'intention ,de part et d'autres, permettent de revoir ce conflit avec moins d'émotion, et plus de psychologie.
Ce conflit entre les surfers réunionnais et la Sea Shepherd Conservation Society, sur la gestion du risque requin, a entraîné un immobilisme des énergies en présence.
Pourtant, puisque les deux groupes sont d'abord des amoureux de l'océan, les deux énergies complémentaires de ces groupes, pourraient donner une véritable impulsion à un système qui se stabilise, par le jeu des forces contraires.
La proximité des pluies qui vont balayer la Réunion, et les houles de nord qui vont voir déferler les vagues en plein milieu de la réserve marine peuvent amener à des comportements imprudents d'usagers de la mer.
Dés lors, la tension créée entre les groupes n'a plus lieu d'être, il y a urgence à agir concrètement et de cesser de s'éloigner chaque jour de la gestion du risque requin.
En tant que surfers, nous avons développé des valeurs que nous a appris le contact avec l'océan: Partage, loyauté, camaraderie. Et nous nous sommes manifestés contre l'entrée en scène Réunionnaise, de la SSCS, d'avantage sur la forme que sur le fond. Cette manifestation n'a plus lieu d'être aujourd'hui, maintenant que nous avons pu mettre à jour les processus émotionnels ayant
conduit à cette escalade de tensions.
D'ailleurs, il apparaît que ne sommes pas si éloignés, avec les objectifs poursuivis par la SSCS, même si nous croyions servir des camps, voire des idéaux philosophiques opposés.
Notre vision de la nature est forcément culturelle. Et vice -versa.
La protection de la diversité biologique peut intégrer les populations locales dans le processus de préservation et de conservation. Et c'est le sens dans lequel nous allons évoluer,acceptant démocratiquement nos divergences, à l'avenir, comme des nuances et une richesse plutôt que des manques à pointer du doigt et à stigmatiser.
Seuls l'échange et le dialogue peuvent nous permettre d'avancer dans la gestion du risque requin.
Et les compétences ne sauront manquer dans cette perspective.
Christophe Mattei
Président de l'Association de Surfers (Les Frères de la Côte)


