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Ses bouledogues attaquent sa voisine : une propriétaire de chiens condamnée pour blessures involontaires

Ecrit par P.B. – le mercredi 4 juin 2025 à 05H53

Nadine*, propriétaire de deux bouledogues américains, a été jugée ce mardi 3 juin pour les importantes blessures que ses chiens ont causées à sa voisine le 15 novembre dernier.

À la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre, jugée pour “blessures involontaires par agression d'un chien”, Nadine ne sait toujours pas expliquer pourquoi ses chiens, pourtant “jamais agressifs” s'en sont pris à sa voisine. Ce jour-là, elle rentre des courses, pense avoir refermé le portail derrière elle avant d'ouvrir la porte à ses deux molosses.

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Catherine*, la voisine, descend la rue à ce moment-là pour se rendre chez le kiné. Alors qu'elle arrive à hauteur du domicile de Nadine, les deux chiens, parvenus à ouvrir le portail mal fermé, lui sautent à la gorge. “Ils voulaient me tuer”, assure encore traumatisée Catherine. La fille de Nadine puis Nadine sont alertées par les cris et mettent fin au cauchemar. La propriétaire des deux chiens va apporter les premiers secours à Catherine, en compressant la plaie avec son t-shirt.

Le bras déchiqueté par les chiens

À l'arrivée des pompiers, cette dernière présente d'importants hématomes au sein gauche, à l'abdomen, mais est surtout blessée au bras. Mordue profondément et à plusieurs reprises, Catherine saigne beaucoup. Une opération chirurgicale est nécessaire. 28 jours d'ITT sont délivrés.

“Je suis traumatisée à vie. Je ne peux plus descendre ma rue pour aller travailler. Quand j'étais à terre, ils étaient en train de me manger”, livre Catherine, suivie par un psy, encore très marquée par les faits. Pour ses intérêts, le bâtonnier Georges André Hoarau s'est étonné que les deux chiens n'aient pas été euthanasiés. “On ne peut pas traiter mieux les animaux que les êtres humains. Pour moi, c'est de l'hypocrisie”, avance le bâtonnier. S'il demande un renvoi sur intérêt civil en attendant que le préjudice de sa cliente soit évalué, il entend obtenir 10.000 euros de provision et 6.000 euros de préjudice morale pour le mari et la fille de Catherine.

"Comme un accident de la route, on pense que ça n'arrive qu'aux autres

“Ce n'est pas une faute volontaire mais une imprudence dans l'absence de précautions prises quand bien même les chiens ne sont pas catégorisés”, rappelle le procureur. En revanche, les faits doivent “inciter à la prudence. Comme un accident de la route, on pense que ça n'arrive qu'aux autres”, insiste le représentant de la société qui note qu'"il y a beaucoup trop d'histoires d'animaux qui s'en prennent à des gens, beaucoup d'animaux divagants à La Réunion”. Pour autant, pas question pour le parquet de faire de Nadine un exemple. Les mesures de sécurité ayant été prises, la prévenue n'ayant pas d'antécédents, 1.500 euros de sursis sont requis sans que l'euthanasie et la saisie des chiens n'aient été envisagées, précise le procureur.

Me Marie Le Gargasson approuve, de l'autre côté de la barre, les réquisitions du ministère public, d'autant qu'après l'attaque, les deux molosses ont été placés en fourrière par arrêté municipal le temps d'une évaluation par un expert canin qui a émis des préconisations. Grâce à un suivi avec un éducateur, leur niveau de dangerosité a diminué et les travaux de sécurisation effectués. Sa cliente "est traumatisée aussi, elle s'en veut terriblement jusqu'à ne plus dormir la nuit", plaide l'avocate pour la défense de Nadine.

Le tribunal est allé dans le sens du ministère public. Nadine a été condamnée à 1.500 euros d'amende délictuelle avec sursis. Elle devra verser 2.000 euros de préjudice moral à sa voisine et une provision de 3.000 euros en attendant le renvoi sur intérêt civil.

*prénoms d'emprunt

Etiquettes : Attaque de chiens | Tribunal

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