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« Service limité » : les taxis de La Réunion tirent la sonnette d’alarme sur la nouvelle convention

Ecrit par N.P. – le lundi 3 novembre 2025 à 07H02

Les taxis de La Réunion alertent sur les effets de la nouvelle convention nationale du transport sanitaire. Jugée injuste et inadaptée aux réalités locales, la réforme risque de fragiliser l’accès aux soins pour des milliers de Réunionnais, notamment les patients les plus vulnérables.

Depuis le 1er novembre 2025, une nouvelle convention nationale encadrant le transport sanitaire par taxi est entrée en vigueur. À La Réunion, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme. Réunis au sein de l’Intersyndicale des Taxis 974, ils dénoncent une réforme imposée par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) « sans concertation réelle » et aux conséquences potentiellement dramatiques pour les patients les plus fragiles.

Pour alerter sur les effets de cette convention, les taxis de l’île ont décidé de mettre en place un service restreint. Selon l’Intersyndicale, cette mesure vise à sensibiliser la population et les autorités publiques aux dangers que représente cette réforme pour l’accès aux soins sur le territoire. « Cette réforme, imposée par l’UNCAM sans concertation réelle, entraîne de graves conséquences pour les patients réunionnais et les professionnels du transport sanitaire », dénonce le collectif.

Des impacts pour les patients

Les chauffeurs de taxi pointent plusieurs conséquences directes : des délais d’attente plus longs dans les hôpitaux et cabinets médicaux, des trajets rallongés en raison du transport partagé désormais obligatoire, ainsi qu’une possible facturation au patient en cas de refus de ce covoiturage médical. La suppression de l’accompagnement administratif des patients par la CGSS, l’obligation d’une prescription médicale datée avant tout transport et la baisse du nombre de taxis disponibles inquiètent également la profession. Certaines zones risquent ainsi de ne plus être desservies, tandis que les trajets seront désormais attribués par des plateformes centralisées, sans garantie de retour pour les chauffeurs.

Les taxis estiment que ces nouvelles contraintes risquent d’aggraver la situation d’un réseau routier déjà saturé, dans un contexte de croissance continue du parc automobile. Le temps de trajet et les délais de prise en charge devraient s’allonger, accentuant les difficultés pour les patients nécessitant un suivi régulier.

Une double peine pour les territoires ultramarins

L’Intersyndicale dénonce en outre une inégalité flagrante entre la métropole et les Outre-mer. La nouvelle convention accorde un forfait additionnel de 15 euros aux grandes villes métropolitaines, mais seulement 3 euros aux départements et régions d’Outre-mer. Une différence jugée incompréhensible par les professionnels, compte tenu des spécificités locales. « C’est une injustice pour les Outre-Mer, où les trajets sont plus longs, où le coût de la vie y est supérieur de 30 à 40 % et où plus de 85.000 personnes dépendent chaque année du transport sanitaire par taxi », souligne le collectif.

Pour les taxis de La Réunion, cette réforme traduit un mépris manifeste pour les territoires ultramarins et pour les patients qui y résident. Ils appellent à une révision urgente de la convention afin qu’elle prenne en compte les réalités géographiques, économiques et sociales de l’île.

Etiquettes : Grève des taxis | Taxis

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