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Ô Sénégal, Ô Gorée !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 10 mars 2017 à 17H01

« Nut nit Ay Garabam ! » devise Ouolof qui signifie le grand homme est le meilleur remède de l’homme.

Très bonne initiative de la commune de Saint-Denis d’avoir fait venir le Maire de l’Ile de Gorée (au large du Cap Vert), Augustin Senghor, petit neveu (mais plutôt grand en taille) du premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, pour célébrer le 20 décembre.
Cela a été l’occasion de situations cocasses où l’humour a été le fil bleu de ce qui nous grandit, la relativité.

Mais au-delà de cette anecdote, la conférence que le maire de Gorée a animée avait une présence hautement symbolique.

C’est sur la base fondatrice du Pays de la Teranga (la loi de l’hospitalité) qu’Augustin, comme l’aurait fait Abdou Diouf, a évoqué son amour de la langue française, de l’urgente nécessité d’une fraternité humaine sans oublier l’histoire bien entendu.

La minuscule Ile de Gorée, Ile de l’ancienne souffrance mais aussi romantique et nostalgique a connu bien des vies.

Celle d’Ile Relais pour les pêcheurs Lebous du continent, celle d’Ile Escale pour les premiers navigateurs Portugais, Hollandais, Anglais et Français.

Le maire a évoqué l’Auberge du Chevalier Boufflers dont la biographie a été bien décrite par le poète créole Raphaël Barquisseau dont l’œuvre est elle-même remarquable, surtout quand il créa après-guerre l’Académie de la Paix.

Tout cela crée un lien supplémentaire entre nos deux régions.

Nous l’avions évoqué au président Abdoulaye Wade voilà neuf ans alors que nous lui servions un « succulent » café pointu qu’il apprécia puisqu’il prit une seconde tasse (Claude Marodon, pharmacien assermenté, pourrait témoigner !).

Puis Gorée connut la terrible tragédie et inhumanité de la traite. Après l’abolition de 1848, comme pour exorciser ce passé douloureux, Gorée devint la joyeuse, la dévergondée avec les bals et les fastes des Signares. Puis en début du 20e siècle, ce fut Gorée l’Île abandonnée, petite banlieue insulaire de Dakar.

Après guerre, Gorée grâce notamment au conservateur Joseph N’Diaye, que j’ai eu l’honneur de rencontrer avec notre regretté ami et frère N’gor Sarr, devint l’Ile mémoire où les afro-américains viennent en pèlerinage.

Et aujourd’hui, elle aspire dans ce monde bouleversé, terrible et égoïste à devenir l’Ile fraternelle.

Que de ressemblance avec l’Ile continent qu’est notre lointaine Ile de La Réunion, ex Ile Bourbon !

Rappelons-nous aussi de l’odyssée de la princesse esclave Nyama, originaire du Haut Sénégal et du pays Soninké, dans les îles, quel parcours, là aussi exceptionnel, après être venue en refuge à Bourbon avec Jean-Baptiste père, elle retournera pour terminer sa vie à l’Ile de France où la princesse affranchie prendre toute sa stature… celle de la dignité ! Respectée, estimée par tous…

La dignité vient de loin, de très loin, elle nous rend plus Homme. C’est une étoile scintillante qui salue sa présence à l’autre grand peuple universel celui de ceux qui, ensemble, prennent la marche et s’affranchissent des préjugés de toutes sortes.

Ce peuple n’est autre que celui… que chacun d’entre nous porte dans son être
Celui des voyageurs apprécié par le beau poète, celui des fils de vent, comme l’aimait à le rappeler Montaigne.

 

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