Sénat : Une première année au Sénat "perturbée" mais "productive" pour Audrey Belim

Audrey Belim a d'abord souligné les défis de cette première année, marquée par des événements politiques majeurs tels que la dissolution de l'Assemblée nationale et la nomination d’un nouveau gouvernement. "Ces différents épisodes nous ont grevé trois mois d'activité parlementaire", explique la sénatrice, tout en ajoutant que malgré ces difficultés, "des avancées significatives" ont pu être réalisées.
Elle mentionne notamment son travail sur la prolongation de la SBA (stratégie du bon achat). Grâce à un amendement qu'elle avait déposé en amont de la dissolution, le projet n’a pas été abandonné. "Ce mardi 22 octobre, il y aura un vote solennel sur ce projet. Si l'Assemblée nationale vote favorablement, ce sera une victoire collective", a-t-elle déclaré, soulignant l'importance de la coopération avec des acteurs locaux comme le député Philippe Naillet et la Plateforme réunionnaise.
Lancement d’une mission sénatoriale sur le handicap en Outre-Mer
Parmi ses autres actions, Audrey Belim a déposé une proposition de loi en juillet visant à permettre aux communes d'Outre-Mer d'encadrer les loyers dans le parc privé outre-mer. "Cette mesure, qui existe déjà en métropole, donnerait aux maires la possibilité, mais pas l'obligation, de réguler les loyers", a précisé la sénatrice, rappelant que cette initiative répond à des demandes émanant de collectivités comme la mairie de Saint-Denis et la Cirest.
Une autre annonce majeure de la sénatrice concerne la création d'une mission sénatoriale sur le handicap en Outre-Mer, une première depuis la création de la délégation Outre-Mer au Sénat en 2007. Audrey Belim a été nommée rapporteure de cette mission sur le volet Enfance. "Il était temps de traiter de cette thématique cruciale, souvent négligée. Grâce à l'appui des maires et de la Plateforme réunionnaise, nous avons pu dresser un état des lieux de la situation des enfants en situation de handicap à La Réunion", a-t-elle indiqué, saluant les contributions des maires de plusieurs communes de l'île et du président de l'AMDR, Serge Hoareau.
Inquiétude autour des réductions budgétaires pour les Outre-Mer
Les membres de la Plateforme réunionnaise ont profité de cette occasion pour alerter sur les coupes budgétaires qui menacent les collectivités locales. Plusieurs élus, comme Olivier Hoarau, maire du Port, ont exprimé leur inquiétude : "Déséquilibrer nos budgets, c’est remettre en cause nos actions et ne pas avoir confiance en notre gestion".
De son côté, Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne, a dénoncé ces coupes en rappelant que les collectivités locales sont contraintes d’avoir des budgets en équilibre, contrairement à l’État : "Si ces mesures passent, c’est beaucoup d’investissements en moins pour La Réunion, alors que le BTP est déjà en grande difficulté".
Enfin, Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, a appelé à une mobilisation contre ces décisions du gouvernement : "Venir prendre sur les communes parmi les plus pauvres de France est un scandale", a-t-elle affirmé, soulignant les conséquences désastreuses pour les collectivités locales.
Ericka Bareigts reçue par le conseiller Outre-Mer de Michel Barnier
Cette dernière, en sa qualité de vice-présidente de l'Association des maires de France, s'entretiendra ce mardi 22 octobre avec le conseiller Outre-Mer du Premier ministre Michel Barnier pour exprimer son désaccord. La maire de Saint-Denis souligne le paradoxe d'une telle mesure qui, selon elle, menace directement les capacités d'investissement des communes réunionnaises. Alors que les collectivités sont régulièrement sollicitées pour soutenir l'économie locale, notamment dans le secteur du BTP, une réduction de leurs ressources pourrait, au contraire, "aggraver le chômage dans l'île", prévient-elle.
Pour Ericka Bareigts, cette situation révèle une "méconnaissance" des réalités ultramarines au plus haut sommet de l'État. "Le gouvernement n'a peut-être pas vu la situation des communes de l'outre-mer. Si tel est le cas, c'est une faute politique majeure", déclare-t-elle, en pointant du doigt l'absence de "réflexe outre-mer" de la part des décideurs parisiens.


