Lutte contre la vie chère : Audrey Belim et Philippe Naillet interpellent le gouvernement

Dans un communiqué, Audrey Belim n'a pas caché son inquiétude face à la montée des prix, un phénomène qui frappe durement les Outre-mer, à l’image de La Réunion et de la Martinique. Bien que retenue à Paris pour l’ouverture de la session parlementaire, elle soutient activement les manifestations contre la vie chère organisées à Saint-Denis et ailleurs.
La sénatrice socialiste a mis en avant plusieurs solutions pour faire face à cette situation. Parmi celles-ci, l'encadrement des loyers du parc privé dans les Outre-mer, une mesure qu'elle a défendue en déposant une proposition de loi, soulignant que les prix des loyers à La Réunion sont comparables à ceux des grandes villes de l'Hexagone. Elle appelle également à un renforcement de la construction de logements sociaux pour répondre à la demande des 40.000 Réunionnais en attente. "Il faut que les communes en retard construisent des logements sociaux", poursuit-elle.
"La vie chère n'est pas une fatalité"
De plus, Audrey Belim souhaite lutter contre les monopoles et encourager la production locale, particulièrement en matière alimentaire, afin de diminuer la dépendance aux importations. Elle plaide également pour une accélération de la transition énergétique avec une priorité donnée à l’éolien et au solaire, ainsi que pour l’adoption de normes spécifiques aux Régions ultra-périphériques (RUP) dans le secteur du bâtiment pour réduire les coûts de construction.
La parlementaire appelle à des actions rapides et concrètes, rappelant que la vie chère "n’est pas une fatalité", et qu’il est de la responsabilité des élus de proposer des solutions pragmatiques pour améliorer le quotidien des Réunionnais.
Philippe Naillet dénonce les coupes budgétaires prévues pour la Mission Outre-mer
De son côté, Philippe Naillet, député (PS) de la 1ère circonscription et rapporteur pour avis de la mission Outre-mer dans le cadre du projet de loi de finances 2025, a exprimé de vives préoccupations concernant la réduction des plafonds de dépenses pour cette mission. Lors d’une audition avec la Direction générale des Outre-mer, il a souligné que des coupes drastiques, allant jusqu'à 37 % pour certains programmes, mettraient en péril l’économie ultramarine et ses collectivités.
Philippe Naillet s’inquiète particulièrement des conséquences de ces réductions budgétaires sur les entreprises locales, déjà fragilisées par une augmentation de 51 % des défaillances à La Réunion entre juin 2023 et juin 2024. Il estime que toucher aux dispositifs d’aide économique, tels que la LODEOM (Loi pour le développement économique des Outre-mer), et réduire les crédits de la Ligne Budgétaire Unique (LBU) serait "dramatique" pour les territoires ultramarins. "Rien qu’à La Réunion, on compte 45.000 demandes de logements sociaux avec un délai d’attente de 5 ans en moyenne pour obtenir un logement", tient-il à rappeler.
Le député socialiste ajoute également que le chômage des jeunes atteint 35 % dans les Outre-mer, contre 17 % dans l’Hexagone, un fossé qui nécessite "une attention particulière", insiste-il auprès du ministre des Outre-Mer. "Nos territoires ne doivent pas subir les conséquences de la situation budgétaire nationale", conclut-il.


