Semaine pour les alternatives aux pesticides : A quand "une vraie volonté européenne" ?

Dans le cadre de la sixième édition de la semaine pour les alternatives aux pesticides, qui se déroule en France, en Europe et en Afrique, le syndicat des Jeunes agriculteurs d'Outre mer agit en limitant et en ciblant les apports de pesticides dans leurs cultures et vante les mérites de l'agriculture raisonnée et biologique.
A la place des pesticides, "on utilise des auxilliaires de culture", explique Alex Savriama, président du syndicat des Jeunes agriculteurs à La Réunion. "Pour les cultures au sol, on emploie des puces ou des coccinelles. On utilise des traitements à base de végétaux. On fait en sorte d'avoir un bon diagnostic au lieu d'employer les pesticides de manière systématique, voire même en préventif".
Mais "la culture biologique coûte cher" regrette Alex Savriama. "Nous ne pouvons pas nourrir une population de 800.000 habitants qu'avec de la culture biologique sachant que le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer. Cela coûte cher en moyens humains et le rendement est inférieur à l'agriculture conventionnelle".
Il est difficile pour les Dom de faire homologuer des produits biologiques. "Ce n'est pas intéressant pour les grandes firmes d'Europe et cela coûte cher de faire des recherches". Les produits biologiques proposés par les agriculteurs d'Outre mer ne sont jamais homologués par les organismes certificateurs "car les perspectives de rendements ne sont pas intéressants pour entamer des recherches". En effet, les produits biologiques qui traiteraient les fruits et légumes dans un milieu tropical n'auront pas d'efficacité dans un milieu climatique européen.
Mais il y a un paradoxe. "On nous oblige à utiliser des produits homologués alors que certains fruits et légumes arrivent de la zone sans que l'on sache comment ils ont été traités. Il y a un risque sanitaire pour la production locale", martèle chaque année Alex Savriama. Il cite des exemples : "L'ail qui vient de Chine, les oignons qui viennent de Madagascar ou d'Inde. La douane et la DAAF nous assurent qu'ils controlent les papiers mais ce n'est pas compliqué de reproduire un document stipulant la norme CEE", n'hésite pas a dénoncer l'agriculteur.
"Mais cela s'explique par des raisons économiques" regrette encore ce dernier. "C'est par facilité que l'on préfère importer". Alex Savriama espère, dans un monde qui prétend aller vers le développement durable, "qu'il y aura une vraie volonté européenne pour lancer des recherches pour des produits de nouvelle génération, qui respectent l'environnement".


