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Seize ans après le crash du Rio-Paris, Airbus et Air France condamnés en appel

Ecrit par L-H.T – le jeudi 21 mai 2026 à 16H20
Photo d'illustration

La cour d’appel de Paris a condamné ce jeudi 21 mai Airbus et Air France pour homicides involontaires dans l’affaire du vol AF447 Rio-Paris. Un tournant judiciaire majeur après dix-sept ans de bataille pour les familles des 228 victimes, parmi lesquelles figurait aussi un Réunionnais.

C’est une décision que beaucoup de proches des victimes attendaient depuis presque une génération. Seize ans après le crash du vol Air France AF447 entre Rio de Janeiro et Paris, la cour d’appel de Paris a reconnu jeudi 21 mai la responsabilité pénale d’Airbus et d’Air France pour homicides involontaires.

Les deux groupes ont été condamnés à l’amende maximale prévue pour des personnes morales, soit 225.000 euros chacun.

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Le 1er juin 2009, l’Airbus A330 assurant la liaison Rio-Paris s’était abîmé dans l’Atlantique en pleine nuit, provoquant la mort des 228 passagers et membres d’équipage. Le drame reste aujourd’hui la catastrophe aérienne la plus meurtrière de l’histoire d’Air France.

Parmi les victimes figurait également un passager originaire de La Réunion, François Henry, steward à Air Austral, un souvenir encore présent dans l’île où le crash avait profondément marqué une partie de la population réunionnaise à l’époque.

L’affaire est devenue au fil des années un interminable feuilleton judiciaire, technique et humain.

Une victime réunionnaise

En 2023 pourtant, Airbus et Air France avaient été relaxés en première instance malgré plusieurs fautes civiles retenues contre les deux entreprises. Une décision vécue comme un choc par de nombreuses familles.

La cour d’appel a finalement retenu une autre lecture du dossier.

Les débats ont notamment porté sur les sondes Pitot - ces capteurs de vitesse qui s’étaient givrés en plein vol - mais aussi sur les questions de formation des pilotes, d’information des équipages et de gestion des incidents déjà signalés avant le crash.

Selon les enquêteurs du BEA, les pilotes avaient perdu leurs repères après des informations contradictoires liées au dysfonctionnement des sondes, avant que l’appareil ne décroche au-dessus de l’Atlantique.

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Pendant le procès en appel, le parquet général avait dénoncé "une défense en granit" des deux groupes et estimé que les défaillances d’Airbus comme celles d’Air France avaient contribué à créer les conditions du drame.

Pour beaucoup de familles, la condamnation est avant tout symbolique.

Amendes dérisoires ?

Les amendes restent dérisoires au regard de la puissance financière des deux géants de l’aérien. Mais après dix-sept années de procédure, plusieurs proches des victimes espéraient surtout une reconnaissance judiciaire des responsabilités.

L’affaire n’est d’ailleurs peut-être pas terminée.

De nouveaux recours devant la Cour de cassation semblent déjà envisagés, ce qui pourrait encore prolonger ce dossier devenu l’un des plus longs et des plus sensibles de l’histoire judiciaire aérienne française.

Etiquettes : Cour d'Appel | Crash | Vol Rio-Paris

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