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SDF et voleuse par réflexe : histoire d’une « épave » ordinaire

Correctionnelle Sud jeudi 18/12/2014

Ecrit par Jules Bénard – le jeudi 18 décembre 2014 à 17H49
Une histoire bête à pleurer ; une histoire trop courante, trop… « banale » ? Justement, peut-être faudrait-il en parler plus au lieu de se dissimuler la tête, confortablement, sous son aile.

Appelons-la Cory. Plusieurs fois condamnée pour escroqueries et vols divers, encadrée par ses deux gendarmes, elle paraît plus que ses 50 ans mais il y a de quoi.

Arrivée dans l’île il y a quelques années, elle voit son ménage se barrer très vite. Divorce, galères diverses, perte d’emploi, abus des « compagnons » de passage, errance permanente et les mille trucs qu’ont les SDF pour ne pas simplement mourir de faim.

Elle trouve une chambre quelque part dans le sud et s’abouche avec un aussi malheureux qu’elle. Un jour où elle a particulièrement besoin d’argent, elle lui vend l’ordinateur portable qu’elle a réussi à sauver contre tous les appétits. Et lorsque l’homme sort pour aller au camion-bar, elle subtilise l’engin et le revend à un troisième larron pour la somme fumante de 90 euros.
La correctionnelle pour 90 euros, on croit rêver.

Elle répond avec une bonne volonté touchante aux questions de la présidente Peinaud. Pour finir par lâcher tout à trac :
« J’ai commis beaucoup d’erreurs, beaucoup trop. Mais la détention m’apporte du bien, je suis une thérapie, j’apprends un travail. Je voudrais réellement repartir à zéro ».

Et lorsque la présidente lui demande si elle a des enfants, Cory a cette réponse navrante qui a humidifié bien des yeux (y compris ceux de votre serviteur, pourquoi m’en cacherais-je ?) : « Des enfants ? Non, madame. J’aimerais en avoir, comme chaque femme, mais je m’y refuse car ça me fait peur ».

Puis, d’une voix imperceptible, presque honteuse, en retournant à son banc : « Comment une femme comme moi pourrait-elle élever dignement des enfants ? »

La Cour n’a ajouté qu’un mois symbolique à l’addition de cette errante, libérable en juillet 2015. Rentrera-elle alors à Marseille comme elle en a émis l’espoir ? Pour un nouveau départ, un nouvel espoir, une nouvelle vie ? Une vie, tout simplement une vie digne de ce nom enfin.

 

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