Schizophrénie occidentale

Ces temps derniers, l’on a de cesse que de nous abattre le discours de la très prochaine Suprématie du pays qu’est la Chine. En effet, de multiples raisons créditent aujourd’hui cet argumentaire d’une Chine Renaissante : La Chine affirme continuellement de par ses intellectuels et dirigeants la portée de ses diverses ambitions ; La Chine est la toute première Nation s’en allant sortir de la pandémie traversée ; Le Produit Intérieur Brut Chinois dépassera bien avant 2030, le PIB des États-Unis ; Son armada militaire, ainsi que sa fructueuse flotta navale (en mer de Chine) surpassent toutes deux les puissances militaire mondialistes ; Sa Diplomatie se veut conquérante, Ses Réserves de change gargantuesques.
Cela étant, la Chine dispose néanmoins de considérables failles, lesquelles d’ordre économiques, démographiques, sociales, écologiques, démocratiques, …La Victoire de l’État chinois face à l’actuelle pandémie demeure en cela incertaine. Le revenu de chaque chinois se veut aujourd’hui être le tiers de celui d’un européen / américain. Pour exemple, il faudrait au pays qu’est la Chine, près d’un demi-siècle afin de rattraper l’actuel niveau de vie Occidental.
Une toute autre problématique veut aujourd’hui que la Chine vieillira avant bien même de ne pouvoir accéder à la richesse, ce qui lui rendra très difficile l’instauration d’une protection sociale à l’égard de ses aînés. Insatiable, l’Ogre chinois ne pourra pérenniser sa croissance, laquelle deviendra contraires aux exigences citoyenno-environnementales.
Enfin, l’enfer disposant de lois, c’est en cette même logique que l’économie de marché produit une classe bourgeoise, laquelle entraînant un progressisme certain : Respect des règles de droit, liberté d’expression, droit à l’initiative citoyenne, et par delà ceci, demande de Démocratie. Le Parti Communiste Chinois (PCC) l’ayant pertinemment compris, ce dernier réprime toute tentative d’éclosion démocratique, ce qui ne manquera aucunement de lui nuire sur le volet économique, d’ici à quelques années.
In fine, deux solutions s’offrent aujourd’hui à la Chine : Rejoindre le mode de vie occidental, ou s’effondrer et par cela, acter le décès d’une prometteuse Nation.
L’Occident quant à lui demeure une très grande puissance économico-militaire, n’hésitant plus à dogmatiser la Technologie, l’intelligence artificielle prenant progressivement place au sein de sociétés transitoires. Les très récents plans de relance, en Amérique tout comme en Europe démontrent qu’aucune de ces contrées n’a renoncé à tenir son rang.
Mais alors me diriez vous, « La Chine pourra-t-elle un jour surpasser le Progrès Occidental ? »
Difficile à dire. Le discours chinois se veut être très largement véhiculé, lorsque dans le même temps, l’inquiétude s’imprègne des sociétés Mondialistes. Après tout, impossible n’est pas français. L’on a vu de par le passé des nains terrasser des géants, des puissances hégémoniques s’éteindre brutalement, …
L’Histoire n’est-elle pas pavée de civilisations dont le suicide fut effectif au sommet de leur puissance ?
A bien analyser l’actuelle dérive mondialiste, je demeure convaincu que l’Occident disparaîtra sous les coups de son ennemi de toujours : Lui-même.
A l’image du sujet, l’avenir d’une Nation repose sur la confiance en soi. Le fait est que cet atout peut s’avérer mortel. Trop de confiance mène à l’aveuglement. En revanche, une insuffisante confiance en soi est synonyme de fatale résignation.
L’Amérique est menacée de déclin, certes, parce qu’elle a une estime démesurée de sa personne. Se croyant toute puissante, elle n’anticipe aucunement les problématiques de demain.
L’Europe est également menacée de déclin. La cause ? Son indéfectible croyance en son impuissance.
Au sein des deux continents cités, d’aucun ne voient ce qui les menace réellement : Les divisions intérieures (conflit civil), les rivalités ethnico-communautaires, les inégalités grandissantes, la haine de la culture Entreprenariale, le mépris de classe, le naufrage éducatif, …
Que l’on ne s’y méprenne pas, le suicide de l’Occident est en marche : La Haine y produira très certainement le pire.
Afin d’éviter ce dantesque scénario, il faut avant toute chose comprendre que la Vengeance ne peut être l’héritière de la Revanche. Il faudrait en ce sens construire une société qui surpasserait les clivages de toujours. Un projet sociétaire visant à revendiquer ses pleins droits aux bénéfices de l’État Nation, plutôt qu’au renfermement culturel, ethnique, religieux, social, …
Nous devons comprendre qu’il nous faut détruire les murs nous séparant et ne pas s’enfermer derrière ceux-ci. C’est là le rôle de du politique que de contribuer à la concrétisation de pareils projets, pareils rêves, pareilles occasions d’unifier la Nation.
Saura-t-il réaliser cela ? Ou préférera-t-il poursuivre la démagogie citoyenne ? A n’en pas douter, nous le saurons bien assez tôt.
Lounys SAIBI-VEERAPERMAL Vice-Président du Think-Tank "TRANSITIONS"


