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Scandale Miss Earth : Déjà 4 plaintes déposées et une vingtaine de victimes identifiées

Depuis les révélations sur le comportement et les agissements du directeur du comité du concours de Miss Earth, les victimes se sont réunies pour échanger. Déjà une vingtaine ont été identifiées et quatre d'entre elles ont déposé plainte. Plusieurs associations de protection de victimes appellent à mettre fin au "silence assourdissant" autour de cette affaire, à la veille du salon du mariage où le principal mis en cause va remettre un prix.
Ecrit par Maxime Bonnet – le jeudi 10 novembre 2022 à 17H55

Après les révélations sur plusieurs comportements problématiques du président du comité Miss Earth, que vous avez pu découvrir dans nos colonnes le 18 octobre dernier (ainsi que le témoignage d'une mineure), plusieurs associations de défense de victimes ont tenu à faire un point sur l'affaire et lancer un avertissement.
 
"C'est assez rare de voir se cristalliser un Me too de cette ampleur", souligne Frédéric Rousset, président du Cevif (Collectif pour l'élimination des violences intra-familiales). Au cours d'une conférence de presse, le Cevif, accompagné par plusieurs autres associations de l'île, a tenu à souligner qu'il n'est pas normal que le mis en cause dans cette affaire continue comme si de rien était. Si son nom n'est jamais cité directement par les six associations présentes, toutes ont bien en tête le nom de Williams Madarassou.
 
"Nous sommes en contact avec plusieurs victimes. Elles se sont réunies dans un groupe et nous les accompagnons au maximum. Quatre ont déjà déposé plainte, et quatre autres ont joint un témoignage à la procédure qui est en cours. D'autres pourraient bientôt franchir le pas", poursuit Frédéric Rousset. En tout, une vingtaine de femmes, de 17 à 35 ans, ont franchi le pas, et la parole commence à se libérer.
 
Toutes dénoncent les mêmes méthodes, avec des propositions indécentes, voire des gestes déplacés sur une dizaine d'années. "Difficile de prendre la parole sur les faits en eux-même car une procédure est en cours, mais d'autres témoignages pourraient émerger. Ce monsieur a également accompagné les miss lors des compétitions internationales aux Philippines", explique le président du Cevif.  

"Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas"
 
"Nous voulons aussi faire passer un message aux familles réunionnaises. Il faut faire attention dans ces milieux, il y a des gens qui ne sont pas bien intentionnés. C'est insupportable de voir qu'il utilise les rêves de jeunes femmes, en plus en utilisant leur intérêt pour l'écologie. Demain va s'ouvrir le salon du mariage, et tout le monde sait que c'est l'un de ses terrains de chasse. Il est encore prévu qu'il remette un prix samedi soir, malgré les témoignages qui se multiplient. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas", ajoute Evelyne Corbière, présidente de l'UFR, l'Union des femmes réunionnaises.
 
Les associations appellent les victimes potentielles à prendre contact avec elles afin de bénéficier d'un accompagnement. "La plainte n'est pas la seule voie de sortie. Et il faut également les soutenir, car elles s'engagent dans un long processus", conclut Evelyne Corbière.
 

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