Salut, petit frère... Quel vide tu laisses !

Ça y est ; c’est aujourd’hui qu’on te met en fosse.
Je sais, ne m’en veux pas, Michel, si j’ai le moral en berne, tu n’aimerais pas ça, mais comment m’en empêcher ?
Je ne peux même pas être près de toi en ce jour funeste : je n’ai même plus le droit de monter dans un avion sous peine de me payer une thrombose coronaire létale. Ça serait vraiment le comble pour le frère d’un général de l’armée de l’Air…
Mais je serai malgré tout un peu auprès de toi avec ma chanson « Song for Dany » qui passera en boucle durant la cérémonie. Je ne sais comment ton adorable femme, Dominique, y a songé mais je suis touché à un point que tu ne saurais deviner ! Et puis, notre petit frère l’a été pour lui et moi, avec son humour et son petit hommage au coeur de notre jeunesse.
Cette chanson, « Song for Dany », n’a jamais été enregistrée sur disque. Je l’avais juste fait entendre à mon pote musicien Vally, disparu dans le Covid ; il l’a envoyée à son frère Hassen, le meilleur guitariste de Paris, ex-soliste des Ombres et des Générations à Saint-Louis. C’est lui qui en a conçu les arrangements et l’a balancée sur Facebook. Personne n’a jamais compris comment j’avais pu « inventer » une telle mélodie ; pas même moi !
Le son de guitare que tu entends est bien de moi. Nous avions un peu les mêmes goûts tant c’était fusionnel entre toi et moi. Lorsque j’ai eu ma première guitare, offerte par Mémé et Pépé de Saint-Joseph, une jazz acoustique de chez Couesnon, luthier à Mirecourt, j’ai tout de suite accroché avec les Shadows, que tu aimais aussi, et c’est toi qui, constatant mes progrès, m’as encouragé à continuer !
J’ai été journaliste, écrivain et emmerdeur public numéro 1, disent certaines mauvaises langues, mais j’ai eu aussi une petite carrière de musicien d’orchestre et c’est à toi et tes encouragements que je le dois. Je ne t’en remercierai jamais assez, petit frère !
Je ne vais refaire ici ton panégyrique, d’autres le feront mieux que moi. Je voulais juste te dire combien mon autre moi-même me manque.
Notre petit frère Alain te l’a dit.
Ce que nous ne t’avons jamais dit c’est que pour nous, tu étais « LE » héros de la famille.
Tu as été et tu resteras à jamais « MON » héros, un guerrier bien plus qu’un militaire de carrière !
Tu as toujours voulu servir notre pays et tu l’as fait de la plus belle des façons.
Je te salue, mon Général, mon petit frère.
Au fait, dis-moi, pourquoi as-tu choisi de partir le jour de mon anniversaire ?
Ma Nicole, femme sensible s’il en fût, affirme que tu m’as alors lancé un clin d’oeil.
Why not ?
Je t’aime, Michel et je sais que tu es là quelque part, près de moi.
« Il y a plus de choses dans le ciel, Horatio, que ton esprit ne saurait en concevoir » (Hamlet, Shakespeare).
P.S. J’écoute en boucle « Thème from Shane » des Shadows. Nous avions adoré ce film, « L’homme des vallées perdues », vu pour la première fois au ciné du père Collet à la Rivière, avec « Attila fléau de Dieu », comme encore « Tarzan » et « Jim la Jungle ».
Mais bon sang, « qu’elle est lourde à porter, l’absence de l’ami, l’ami qui chaque soir venait à cette table, et qui ne viendra plus, la mort est misérable qui poignarde les coeurs et qui tout déconstruit ».
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