Saison des baleines : Haro sur le plan d’eau

Avec le pic de la saison des baleines en ce moment, les autorités se veulent toujours aussi attentives aux comportements des usagers de la mer dans le cadre des observations de cétacés. Déjà annoncé en juillet dernier, une réappréciation des règles en vigueur est toujours dans les cartons de préfecture. “L’année 2024 sera une année d’évaluation des règles qui ont été posées en 2021. L’arrêté de 2021 était issu d’un travail partenarial, nous voulons faire de même cette année. À la fin de la saison, nous ferons encore un bilan partenarial, et le cas échéant, on changera les règles pour l’année prochaine. Peut-être qu’il restera en l’état, peut-être qu’il sera durci sur certains points”, confirme le préfet. “C’est bien pour La Réunion, car les baleines contribuent à l’attractivité de l’île et au tourisme. Mais les baleines sont des animaux protégés, par des règles internationales et par notre droit national”, souligne encore le représentant de l’Etat.
Des règles pour protéger baleines et usagers de la mer
Direction ensuite le cap Lahoussaye pour une série de contrôles en mer sur les bateaux croisant au-delà de la bande des 300 mètres. En cet après-midi de semaine, une quinzaine d’embarcations sont visibles sur le plan d’eau, pratiquement toutes à la recherche de baleines à observer. Si la grande majorité des pilotes respectent les règles, les agents de la DMSOI vont prendre sur le fait un bateau d’un club de plongée associatif qui s’apprêtait à mettre à l’eau des nageurs à moins de 50 m d'une baleine. Heureusement pour les plongeurs, ils sont rappelés à l’ordre juste avant de se mouiller. Quelques instants plus tard, et le club risquait une amende salée. “Cela peut aller jusqu’à 700 euros. On convoque le pilote et le responsable dans nos locaux pour la suite de la procédure. Si on évite de se mettre à l’eau pour ne pas stresser les animaux, c’est aussi pour les raisons de sécurité. Quand on voit la masse de l’animal, si elle saute au milieu des nageurs ça peut être très grave. Avec des conditions comme aujourd’hui, les secours peuvent mettre du temps à arriver, donc on réduit les risques au maximum”, précise Cédric Pruvost, agent à l’ULAM (unité littorale des affaires maritimes).

Les agents de la DMSOI contrôlent régulièrement les bateaux observant les cétacés.
D’ailleurs, ces contrôles sont aussi un moyen pour l’Etat de s’assurer que toutes les embarcations peuvent bien faire du transport de passagers et que les équipages disposent des bonnes autorisations pour pratiquer leurs activités. “En plus de l’infraction au Code de l’environnement, on vérifie toujours qu’il n’y a pas aussi d’infraction au Code du travail”, ajoute Nicolas Le Bianic, directeur de la DMSOI.
Le pilote du bateau du club de plongée s’en sortira avec un simple rappel à l’ordre et devra présenter tous les documents concernant le stagiaire qui l’accompagnait aux agents des affaires maritimes. Selon la DMSOI, en 2022, 27 procédures avaient été engagées, notamment liées au respect de la vitesse dans la réserve. En 2023, ce chiffre était passé à 15. Une baisse liée au grand nombre de baleines présentes autour de l’île, ce qui avait permis une meilleure répartition des bateaux sur le plan d’eau.


