Saison cyclonique 2025-2026 : la CINOR muscle sa préparation après le traumatisme de Garance

Réunis à l’initiative de la CINOR, élus, services de l’État et opérateurs privés ont défini ensemble une feuille de route pour la prochaine saison cyclonique.
La CINOR (Communauté intercommunale du Nord de La Réunion) a réuni ce jeudi 28 août élus, services de l’État, acteurs économiques et citoyens pour un large atelier consacré à la préparation de la saison cyclonique 2025-2026. Objectif : tirer les leçons du passage dévastateur du cyclone Garance et renforcer la résilience du territoire nord.
Six axes de travail pour anticiper l’imprévisible
"Le but de cette rencontre est de savoir comment prévoir l’imprévisible", a expliqué Jacques Lowinsky, premier vice-président de la Cinor. Les discussions ont permis de poser les bases d’un plan d’action autour de plusieurs priorités : la gestion des risques avec le lancement des premiers curages, financés sans argent public grâce au marché conclu avec une entreprise privée ; la protection des personnes à travers une clarification des responsabilités entre l’État, les communes et l’intercommunalité ; la sécurisation de l’accès à l’énergie, à l’eau et aux télécommunications ; l’entretien des voiries ; la gestion des déchets ; et enfin la mise en place de systèmes d’information avec l’idée de former des citoyens-vigies capables d’alerter et de relayer les consignes de sécurité.
Ericka Bareigts : "Réapprendre la culture du risque"
Pour Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, cette démarche collective marque un tournant. "C’est un atelier exceptionnel, avec une centaine d’acteurs autour de la table, d’EDF à Véolia, mais aussi des citoyens", a-t-elle rappelé. L'édile dionysienne souligne que le cyclone Garance a révélé la perte de certains réflexes essentiels : "Ce cyclone nous a montré que nous avons perdu la culture de la gestion du risque et il faut désormais réapprendre les choses."
La maire insiste sur la nécessité de former les habitants et d’en faire de véritables relais de terrain, à l’image de ce qui avait été mis en place durant la crise sanitaire.
Présent lors de cette rencontre, Laurent Lenoble, secrétaire général de la préfecture, a confirmé l’engagement des services de l’État. "Garance nous a choqués, meurtris, impactés fortement, et nous avions collectivement oublié certains réflexes", a-t-il reconnu.
Selon lui, les ateliers organisés par la CINOR permettront de "mettre noir sur blanc le plan d’action à court terme avant la prochaine période cyclonique, et à long terme, répondre à la protection des populations". Les travaux prioritaires concernent notamment les huit ravines essentielles du bassin nord, avec un soutien financier de 50 millions d’euros via le fonds Valls.
Une mobilisation commune avant la saison cyclonique
Au-delà des diagnostics, la CINOR et ses partenaires insistent sur l’urgence d’agir. Curages de ravines, consolidation de berges, rétablissement de pièges à cailloux stratégiques : plusieurs chantiers doivent être bouclés avant l’arrivée des prochains systèmes dépressionnaires.
Tous les acteurs présents ont affiché la même volonté : ne plus revivre l’impréparation qui avait aggravé les conséquences de Garance.


