Revenir à la rubrique : Société

Sainte-Marie : Un recours sera déposé contre l'installation du site de déchets ultime

La décision d’implanter une Installation de stockage de déchets ultimes (ISDU) à Beaufond, à Sainte-Marie, provoque une vague de protestations au sein de la commune. Céline Sitouze, conseillère régionale, dénonce fermement cette décision prise par le SYDNE, l’organisme intercommunal en charge des déchets, qu’elle accuse de bafouer la volonté des habitants de Sainte-Marie. Elle annonce le dépôt d’un recours en justice, en partenariat avec une association locale, pour contester l’implantation de la future infrastructure.
Ecrit par S.I. – le vendredi 13 septembre 2024 à 15H39

Une décision imposée et contestée

Lors d'une conférence de presse organisée ce vendredi, Céline Sitouze a réitéré son opposition à l’implantation de cette infrastructure, soulignant que la décision a été prise sans consulter les habitants de Sainte-Marie. "Nous refusons de devenir la poubelle des autres communes", a-t-elle déclaré, rappelant que la commune a déjà contribué aux efforts environnementaux avec l’installation de la station d’épuration du Grand Prado en 2010, et qu’elle subit les nuisances de l’aéroport Roland-Garros depuis des décennies.

L’installation de stockage des déchets ultimes sera implantée à Sainte-Marie

L’élue critique également le fonctionnement du SYDNE, rappelant que les représentants de Sainte-Marie ont été exclus des décisions importantes depuis les élections de 2022. Selon elle, cette exclusion symbolise un "mépris pour la démocratie locale".

Un recours pour protéger la qualité de vie des Sainte-Mariens

Céline Sitouze annonce le dépôt d’un recours en justice, en partenariat avec une association locale, pour contester l’implantation de l’ISDU. Elle dénonce également une stratégie de gestion des déchets qui mise encore sur l’enfouissement massif, alors que la loi AGEC (anti-gaspillage économie circulaire) impose une réduction drastique de cette pratique d’ici 2035. "Le SYDNE veut continuer à enfouir toujours plus de déchets, malgré les lois en vigueur", déclare l'élue, qualifiant cette approche d’"irresponsable". "Le PRPGD a défini un volume à l'enfouissement de 70.000 tonnes/an pour toute La Réunion. Mais le SYDNE poursuit la Région et réclame un tonnage supérieur à celui qui lui a été attribué. Pourquoi réclamer 70.000 tonnes/an quand la loi vous impose 25.000tonnes/an ?", se demande-t-elle.

L'élue met en lumière plusieurs autres incohérences dans les décisions prises par le SYDNE, notamment concernant l’absence d’odeurs supposées autour des déchets ultimes, un argument utilisé pour justifier l’implantation de l’ISDU loin des habitations. "Pourquoi alors avoir écarté les sites de Saint-Benoît ?", interroge-t-elle, rappelant que le centre d’enfouissement de Bel-Air, à Sainte-Suzanne, a déjà atteint ses limites et sera fermé en 2028.

Un appel à la responsabilité des élus

Céline Sitouze interpelle enfin les élus des communes membres du SYDNE, les appelant à respecter "la loi et la démocratie", et à être transparents avec leurs administrés. "Il est temps de dire la vérité à nos habitants", lance-t-elle, exhortant le SYDNE à privilégier des solutions plus durables pour la gestion des déchets et à engager une véritable consultation citoyenne.

"Nous disons non à ce projet imposé, et nous appelons au respect de la démocratie et de la dignité de nos habitants", clame la conseillère régionale qui assure qu'une "autre voie est possible". La lutte contre l'implantation de l'ISDU ne fait que commencer assure Céline Sitouze, qui promet de se battre "pour la qualité de vie des habitants".

Dans la même rubrique

0💬
Tri :