Sainte-Marie : Nirlo fait adopter son PLU, Annette va saisir l’État

L’adoption du PLU (Plan Local d’Urbanisme) était le principal dossier à l’ordre du jour ce mercredi au conseil de Sainte-Marie. Adopté par la majorité, il va faire l’objet d’un recours au contrôle de la légalité par l’opposant Christian Annette. Richard Nirlo a, lui, remis une couche sur le projet de l’ISDU.
Pas moins de 55 affaires étaient à l’ordre du jour du conseil de Sainte-Marie, ce mercredi, mais c’est une affaire judiciaire qui a ouvert le bal des débats. L’opposant Christian Annette n’a pas manqué d’interpeller Richard Nirlo sur l’enquête ouverte pour des soupçons d’opérations incorrectes par le parquet de Saint-Denis.
La réponse est courte et rapide : « Il s’agissait d’une erreur matérielle, le problème a été posé et réglé », lance le premier magistrat. « J’ai entendu vos explications, vous avez des talents de romanciers, mettez-vous à l’écriture, vous pourriez être le Victor Hugo de Sainte-Marie », lui rétorque l’élu de l’opposition. Pour lui, la majorité avait la possibilité de « corriger cette erreur », mais ne l’a pas fait.
« Je ne suis pas Victor Hugo, qu’on le laisse reposer en paix », reprend Richard Nirlo, qui insiste sur une « erreur matérielle » concernant l’affectation des résultats, une « erreur corrigée ».
Lire aussi : Sainte-Marie : une enquête pénale ouverte après le vote du budget primitif
ISDU : “Il faudra me tirer dessus”
Les élus se sont ensuite rapidement penchés sur le gros dossier à l’ordre du jour : l’adoption du PLU, dont la révision a été arrêtée le 5 mars, suivie d’une enquête publique en août.
En introduction, Richard Nirlo a vanté un PLU « juste et équilibré, il participe au rétablissement d’une forme d’équité territoriale que beaucoup attendaient ».
L’occasion de redire tout le mal qu’il pense du projet d’ISDU (Installation de Stockage de Déchets Ultimes) à Beaufond, alors que plus tôt le maire de Sainte-Marie a indiqué avoir interpellé le Premier ministre sur le dossier « afin de porter ces enjeux à l’attention de l’État, dans un échange républicain, transparent et fondé sur la raison ». Plus tard dans les débats, il lance qu’il « faudra me tirer dessus ! »
Lire aussi : Déchets ultimes : Richard Nirlo demande au Premier ministre de suspendre le projet à Sainte-Marie
Un seul avis défavorable de la Région
Pour l’opposante et vice-présidente de la Région, Céline Sitouze, il n’y avait pas besoin de monter si haut : « Il aurait suffi en 2020 de tourner votre tête vers la droite et de dire à votre adjoint, André M’Voulama (ancien élu au SYDNE), de veiller aux intérêts de Sainte-Marie plutôt qu’aux siens, on n’en serait pas là ! »
Mario Lechat a ensuite présenté les grandes lignes du document d’urbanisme, qui table sur une augmentation de 106 hectares de la zone urbaine et sur une diminution de 96 ha de la zone à urbaniser. La zone agricole est en augmentation via notamment des « terrains en friches remis en culture ».
Globalement, le document a reçu des avis favorables ; seule la Région a donné un avis défavorable (avis favorable avec réserves de l’État, du Parc national et de la CDPENAF). Des réserves qui ont été prises en compte avec des « ajustements » dans la version définitive, « mais sans remettre en question le projet global », commente Mario Lechat.
Parmi les évolutions majeures : la suppression d’une zone de 10 ha dédiée à l’extension de la zone commerciale de Duparc, au titre du risque inondation. Une décision qui en rappelle une autre avec l’avis défavorable émis par le préfet à un projet d’ensemble commercial de 7 786 m² à Duparc.
Lire aussi : Sainte-Marie : pas de feu vert préfectoral pour But, Darty et Nature & Découvertes à Duparc

Sitouze : “Ce sera l’enfer pour les automobilistes”
Céline Sitouze dénonce une « bétonisation à outrance, il n’y a aucune vision ». Et de promettre un “enfer” sur terre demain aux automobilistes, pointant de nouveaux aménagements immobiliers sans création de nouvelles voies de circulation. Elle prend l’exemple du « projet de nouveau Beauséjour, au niveau de la Ravine-des-Chèvres, en faisant au passage un cadeau aux promoteurs, sur de la terre cannière, là on supprime 10 ha sans problème, il y a deux poids, deux mesures ! On va passer plus de temps dans les voitures que chez nous ! »
Pour la candidate aux municipales et élue de l’opposition, la question de l’eau a aussi été insuffisamment prise en compte : « Que ferons-nous de ces milliers de familles qui n’auront pas d’eau ? Vous allez nuire à la qualité de vie de ceux qui sont là ».
La conseillère régionale évoque des déclassements pour « certains mais pas pour les 900 familles qui attendent des petits déclassements de 500 à 2 000 m² ».
"Des cadeaux à Chateauvieux"
C’est la première adjointe, Sylvie Billaud, qui se charge de lui répondre, jugeant « gonflée » la position de l’opposante, « de par votre position de conseillère régionale ». Elle pointe à son tour un « coma circulatoire sur la nationale » qui se répercute sur les routes adjacentes, « sans dire que la Région ne fait rien, avec de petites opérations en attendant un grand chantier ». Ce à quoi l'élue de la Région a rappelé le financement d'un nouvel échangeur par la Région.
La Région est aussi appelée à « développer l’économie sur toute l’île pour éviter l’effet de concentration mais je ne suis pas élue à la Région, je laisse mes collègues qui en ont la charge de travailler en ce sens ».
Christian Annette dénonce à son tour une absence « d’aménagement sur Sainte-Marie » : « Il y a eu des opportunités de programmes de logements qui se sont transformés en cadeaux à Chateauvieux ». Lui aussi considère qu’en raison d’un accès routier limité, « on va vers un certain coma circulatoire avec le mitage des Hauts, il n’y a aucune vision à Sainte-Marie ».
Les deux opposants ont dénoncé l’absence d’envoi du troisième tome du projet de PLU, ce que réfute la mairie.

Annette va saisir le contrôle de légalité
Au-delà, l’opposant socialiste indique qu’il va rapidement saisir l’Etat concernant le PLU. Selon lui, les réserves émises par l’État n’ont pas été prises en compte, « et si elles ne sont pas levées, il y a un risque d’irrégularités et de recours par le contrôle de la légalité ».
Il pointe un défaut d’information aux élus, sur la question de la mixité sociale, sur le nombre de logements à construire par an, le quota de logements sociaux ou encore la « capacité d’accueil » de la commune notamment par rapport à la question de l’accès à l’eau.
L’opposant va écrire sur tous ces points au contrôle de la légalité.
“Des spécialistes de la démagogie”
« Vous êtes un grand spécialiste, vous ne voulez pas voir Sainte-Marie avancer ! », lui rétorque le maire.
« Nous avons eu 14 avis positifs et un seul négatif, devinez lequel, celui de la Région, moi je dis que ce PLU est exemplaire. Ce qui vous gêne c’est que pour la première fois on offre aux Sainte-Mariens de pouvoir obtenir un petit déclassement de terrain qui aurait dû se faire depuis bien longtemps ».
Les opposants sont traités de « spécialistes de la démagogie », avant que les débats ne se calment jusqu’au bout de la séance. L’une des dernières de cette mandature.


