Saint-Paul : "trois heures d’attente avec ma fille en détresse respiratoire", une mère dénonce des conditions d’accueil inhospitalières

Célia* témoigne de la mauvaise expérience qu’elle – et surtout sa fille de 7 ans, atteinte d’une pneumonie – a vécue lundi soir aux urgences du CHOR. Consciente des difficultés structurelles de l’hôpital public, la mère de famille tient toutefois à dénoncer un "manque d’humanité et d’explications" face à la situation.
Célia assure avoir respecté toutes les étapes avant de se rendre aux urgences :"Ma fille a d’abord vu notre médecin traitant, qui a confirmé la pneumonie. C’est ensuite sur les conseils du médecin du SAMU, que nous avons appelé, que nous avons pris la route pour les urgences. Ses constantes étaient très inquiétantes : fréquence cardiaque à 140 BPM depuis plus d’une heure et saturation en oxygène à 91 %."
Une attente "interminable"
L’enfant est rapidement admise aux urgences du CHOR, dans le service pédiatrique. "Une soignante reprend les constantes : elles sont identiques. Impossible toutefois d’obtenir la tension, car ma fille tremble et s’agite — mais la soignante n’insiste pas et ne semble pas s’inquiéter davantage. Et c’est là que le calvaire commence", relate Célia.
L’attente en salle dure plus de trois heures, se désole-t-elle. "Pendant ce temps, elle vomit quatre fois, dont une fois sur un siège de la salle — jamais nettoyé, en tout cas jusqu'à notre départ", déplore la mère. Puis,"la fièvre de ma fille remonte brutalement, elle tremble, commence à divaguer, perd en cohérence. Affolée, je frappe à la porte du service pédiatrique et on me répond qu’elle n’est pas la prochaine sur la liste et qu’il faut que je patiente encore au moins dix minutes."
"Ce qui m’a le plus frappée, c’est le manque d’humanité"
Face à la dégradation de l’état de sa fille, Célia estime que l’attente n’est plus envisageable. Elle décide alors de quitter les urgences pour se rendre au centre SOS Médecins du Port, où sa fille est immédiatement prise en charge. "Le diagnostic est immédiat : détresse respiratoire, nécessitant deux aérosols successifs. Sa saturation remonte, on lui administre du Doliprane, et on nous demande de surveiller de près sa respiration pendant la nuit, avec consigne de revenir au moindre signe d’aggravation", raconte la mère.
Si sa fille se remet aujourd’hui, Célia garde une expérience amère. "Je tiens à témoigner pour tenter de faire changer les choses. Ce qui m’a le plus frappée, c’est le manque d’humanité face à une mère inquiète. Si on avait pris la peine de m’expliquer le manque de moyens humains, la notion d’urgence ou simplement de me rassurer sur l’état de ma fille, je l’aurais compris", plaide-t-elle, tout en disant comprendre la situation du personnel hospitalier — sa propre mère étant soignante.
Dans l’espoir de faire bouger les lignes, Célia envisage désormais de porter plainte pour non-assistance à personne en danger.
Contactée, la direction du CHOR indique appliquer par principe la confidentialité et respecter les procédures mises en place et validées par les autorités sanitaires.
*prénom d'emprunt


