Saint-Paul : logement d'urgence, chantier à la ravine Bernica et protection fonctionnelle votée pour la présidente de la SPL Tamarun

Bras de fer avec l'État sur l'hébergement d'urgence, disparition du radier de la ravine Bernica, prolongation pour le Casino et protection fonctionnelle votée pour Virginie Sallé : retour sur les temps forts du conseil municipal de Saint-Paul ce jeudi.
Réuni ce jeudi sous la présidence du maire Emmanuel Séraphin, le conseil municipal de Saint-Paul a adopté l'ensemble des délibérations soumises au vote. Entre la crise du logement d'urgence, la restauration écologique de la ravine Bernica, la gestion du casino et l'octroi d'une protection fonctionnelle à une élue, la séance a balayé des arbitrages majeurs pour le territoire.
Logement d'urgence : Saint-Paul hausse le ton et menace de poursuivre l'État
Face à la détresse de nombreuses familles et à un constat alarmant comptabilisant seulement 800 places d'hébergement disponibles pour 3 000 demandes annuelles à La Réunion, la municipalité continue de mobiliser ses moyens. Les élus ont validé la mise à disposition par l'Établissement Public Foncier de La Réunion (EPFR) d'un logement situé à Saint-Gilles-les-Hauts, qui sera géré par le CCAS pour une durée de cinq ans.
Toutefois, la collectivité dénonce l'impasse financière imposée par l'État sur le projet de centre d'hébergement d'urgence de 25 unités porté par le Territoire de l'Ouest sur l'Éco-cité. Le maire Emmanuel Séraphin rappelle qu'alors que la collectivité finance la construction et fournit le terrain, l'État refuse d'en financer le fonctionnement : « Aujourd'hui, l'État refuse de financer le fonctionnement de ces logements. Le constat est pourtant alarmant : il n'y a pas suffisamment de places dans l'Ouest, et à l'échelle de La Réunion, on compte seulement 800 places pour 3 000 demandes par an. Nous savons qu'il y a des familles qui dorment dehors, et plus de 300 enfants à la rue aujourd'hui. »
Face à ce blocage et à la baisse drastique de 45 % de la Ligne Budgétaire Unique (LBU) au niveau national, l'édile n'exclut pas d'imiter plusieurs communes de l'Hexagone en attaquant l'État en justice aux côtés d'associations locales et nationales pour obtenir le déblocage des fonds : « Oui, tout à fait. Aujourd'hui, nous sommes en lien avec des associations locales et nationales, et la situation me est devenue intenable. Vous appelez le 115, c'est compliqué. Nous-mêmes, lors d'incendies ou de cas de violences intrafamiliales, nous sommes totalement dépourvus. Il faut que nous ayons enfin ces outils à notre disposition, et nous sommes prêts à étudier toutes les options. »
Ravine Bernica : Démolition du radier et restauration de la biodiversité
Sur le volet environnemental, le conseil municipal a voté en faveur des travaux de restauration écologique et hydraulique entre la ravine Bernica et l'Étang de Saint-Paul. Le chantier, qui débutera en septembre 2026 pour une durée de deux mois, prévoit la suppression complète du radier actuel et son remplacement par un dalot en béton (2000 x 600 mm) surmonté d'un ponceau.
L'objectif de ce projet d'envergure est de rétablir le corridor biologique et la circulation naturelle de l'eau pour permettre le retour d'espèces aquatiques indigènes emblématiques, telles que l'anguille et le cabot bouche ronde, bloquées aujourd'hui par l'ouvrage en béton. Emmanuel Séraphin détaille l'intérêt de ces travaux : « L'objectif est de recréer une continuité hydraulique entre le Bassin Pigeon en amont, l'Étang de Saint-Paul et la mer, dans les deux sens. Sur le plan écologique, nous avons des espèces qui se reproduisent en mer et qui remontent habituellement la ravine, mais qui se trouvent aujourd'hui bloquées par ce radier. Sur le plan pratique, ce radier s'engorge dès qu'il y a des épisodes pluvieux, ce qui entraîne sa fermeture à chaque intempérie. »
Le conseil municipal a également approuvé la prolongation pour une durée de 12 mois de la concession de service public accordée à la société COREJE SAS pour l'exploitation du Casino de Saint-Gilles. Ce report de l'échéance au 31 octobre 2028 permettra à la commune de mener à bien la nouvelle procédure de mise en concurrence tout en assurant la continuité de l'activité.
Choka Bleu : la protection fonctionnelle accordée à Virginie Sallé
Enfin, les élus se sont penchés sur une affaire concernant la demande de protection fonctionnelle formulée par Virginie Sallé, adjointe de quartier et présidente de la SPL Tamarun. L'élue ayant été entendue en audition libre suite à la plainte déposée par l'ancien exploitant du restaurant Le Choka Bleu (dont l'AOT n'avait pas été renouvelée lors de l'appel à projets de 2023), le conseil municipal a voté la prise en charge de ses frais de justice, considérant que les faits reprochés s'inscrivent dans le cadre strict de ses fonctions.


