Saint-Paul : Garance, Maïdo et savane au menu du conseil municipal

Réuni ce jeudi 2 octobre, le conseil municipal de Saint-Paul a abordé les 68 affaires à l’ordre du jour. L’assemblée a validé le projet d’un nouvel hôtel trois étoiles au Maïdo, un plan de 12 millions d’euros d’investissement post-Garance ou encore la cession de 70 hectares de savane au cap La Houssaye au Conservatoire du littoral.
12 millions d'investissement post-Garance
En préambule de ce conseil, la majorité municipale est revenue sur les conséquences du passage de Garance en février 2025, qui a causé d’importants dégâts aux infrastructures routières, estimés à 12,9 millions d’euros TTC. La commune a validé un programme de remise en état des ouvrages d’art, radiers et voiries pour la période 2025-2027. Le financement sera assuré par le Feder Restore (95 %) ou le Pacte d’Avenir (75 %), avec une avance de 30 % prévue dès 2025. L’essentiel des travaux devrait se dérouler en 2026, avec près de 11 millions d’euros d’investissement.
Maïdo : un hôtel trois étoiles en vue
Le conseil municipal a approuvé le principe de réalisation d’un hôtel trois étoiles sur le site de l’ex-Parc hôtel du Maïdo. L’établissement comprendra 45 chambres, un restaurant, un espace bien-être et des salles de séminaires. L’investissement est estimé à 16,9 millions d’euros et devrait générer environ 45 emplois.
« Malgré le passage très important, il ne porte pas ses fruits pour les quartiers de Petite France et du Guillaume. Ce projet est resté trop longtemps en sommeil. L’opérateur intéressé par le projet dispose d’un an pour faire approuver les modalités du futur hôtel », explique Irchad Omarjee, délégué à l’aménagement.
« Mais mis en sommeil par qui ? En 2021, vous parliez déjà d’un projet hôtelier sur ce site, avec là encore le délai d’un an pour fixer les modalités. Mais rien depuis. Encore une fois, vous parlez beaucoup, mais que faites-vous ? », tacle l’élue d’opposition Audrey Fontaine.
« Vous aussi, vous aviez un projet avec le groupe Excel, et vous savez aussi que c’est un site complexe à développer. D’ailleurs, nous avons repris la délibération que vous aviez passée et qui a introduit ce délai d’un an afin de laisser à la ville le dernier mot », s’efforce de répondre le maire, Emmanuel Séraphin.
La savane du cap La Houssaye cédée au Conservatoire du littoral
Les élus ont validé la cession de 700 000 m² de foncier naturel au Conservatoire du littoral sur les secteurs du Cap La Houssaye et de Fleurimont afin d’assurer leur protection et leur mise en valeur.
« Ce n’est pas une simple cession foncière, mais le choix de l’avenir. D’abord pour la conservation du patrimoine naturel de l’Ouest, avec des brûlages et l’entretien des sentiers, mais aussi patrimoniale, avec la préservation de l’agropastoralisme, avec les cabris péi et nos bœufs mokas », précise Suzelle Boucher, première adjointe. Ces 70 hectares seront cédés pour 400.000 euros.
Une décision que n’approuve pas l’ancien maire Alain Bénard, qui dénonce la vente pour un prix dérisoire « du patrimoine communal à un organisme national qui n’est pas élu. Nous sommes en train de perdre le contrôle administratif d’une partie de notre territoire », dénonce l’ancien édile, maintenant dans l’opposition.
« C’est un choix politique, il faut préserver ses espaces naturels et éviter la confusion avec les zones urbaines. La savane du cap La Houssaye sera transférée à un organisme public qui applique la loi qui encadre ces espaces », tente de désamorcer Emmanuel Séraphin qui veut montrer son souci de préserver la savane après les polémiques autour de la Zac Renaissance III.
« Vous avez raison Monsieur le Maire, vous avez la majorité à ce conseil », concède avec un sourire Alain Bénard.
Industries créatives : Saint-Paul veut poursuivre le développement de la fillière
Enfin, la Ville de Saint-Paul s’est associée à la Région, au Territoire de l’Ouest et à plusieurs acteurs privés dans le cadre de la création d’un Pôle territorial des Industries de l’Image et de la Musique de La Réunion.
Après l’installation de l’école Rubika, la ville veut poursuivre sa politique de soutien à l’égard de cette filière. Le conseil municipal a ainsi validé la signature d’un accord de consortium transitoire, inscrit dans le plan France 2030, pour coordonner les partenaires en attendant la mise en place d’une structure juridique pérenne.
« C’est un travail entamé depuis 2020, et qui se poursuit pour structurer un écosystème péi autour de l’animation, des jeux vidéo et du cinéma. Nous voulons créer de l’emploi de qualité qui fait rayonner La Réunion », indique Suzelle Boucher.
Là encore, l’opposition se saisit du dossier pour attaquer le soutien de la ville au studio Gao Shan.
« La commune doit-elle autant s’investir dans une entreprise privée ? », s’interroge Audrey Fontaine.
« Gao Shan est une entreprise connue dans le monde entier, qui fait notre fierté. C’est grâce à ce partenariat entre public et privé qu’une filière est en train d’émerger sur notre île. Mais de toute manière, nous l’avons bien compris, vous n’êtes là que pour critiquer », s’agace le maire.


