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Saint-Paul : comment le vote du budget 2026 s'est transformé en duel au sommet entre Cyrille Melchior et Emmanuel Séraphin

Ecrit par M.B – le vendredi 1 mai 2026 à 06H55

La Ville de Saint-Paul a adopté jeudi 30 avril son budget primitif 2026 dans un contexte financier contraint. Entre investissements maintenus, fiscalité stable et questions sur les financements extérieurs, les débats ont donné lieu à de nombreux échanges entre Emmanuel Séraphin et Cyrille Melchior.

Le conseil municipal de Saint-Paul a adopté un budget primitif 2026 de 277,4 millions d’euros, dont 59,6 millions consacrés à l’investissement. Depuis 2020, la majorité met en avant près de 300 millions d’euros injectés dans les quartiers et équipements de la commune.

En ouverture de séance, jeudi 30 avril, Emmanuel Séraphin a donc défendu la ligne municipale et rappelé que « comme depuis six ans, la municipalité a pris la décision de ne pas augmenter les impôts locaux afin de préserver le pouvoir d’achat des familles ». Les taux restent donc inchangés en 2026.

Un budget défendu comme "solide" malgré les contraintes

Dans un contexte marqué par la baisse de certaines recettes, la majorité assume par conséquent le recours à l’emprunt. Mireille Morel-Coianiz a ainsi expliqué que « nous avons été obligés d’emprunter pour compenser les baisses de subventions, notamment celles du Département qui ne sont pas rentrées ». L’élue a toutefois insisté : « Il n’y a pas d’alerte, nous ne sommes pas dans le rouge. »

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Face aux critiques sur la gestion, Emmanuel Séraphin réfute d'ailleurs toute lecture alarmiste. « Il n’y a pas de fatalité face à ce contexte, mais le contexte est le même pour tout le monde », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « les élections sont terminées, désormais on est dans la gestion ». Le maire a également précisé que « 12 millions d’euros sont basculés du fonctionnement vers l’investissement » et a assuré que la Ville cherche « au maximum à faire de l’autofinancement ».

Le Département sous les projecteurs

Les discussions se sont concentrées largement sur les relations financières entre la commune et le Département. La majorité a aussi regretté que « même quand on transmet les documents à temps, les subventions ne sont pas versées ».

La députée Karine Lebon intervient également, rappellant qu’un projet communal reste en attente : « Le portage de repas pour personnes âgées est entièrement prêt et n’attend plus qu’une subvention du Département d’un million d’euros pour être mis en œuvre. »

Mais le remarque a entrainé plusieurs réponses de l'opposition, Cyrille Melchior en tête.

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Ce dernier a d’abord pris ses distances avec le ton des échanges : « On assiste à un affrontement entre la commune et le Département, je ne suis pas venu ici pour ça. »

Puis le président du Département a rappelé que « à chaque fois que nous avons été sollicités, nous avons été prêts à travailler avec la commune de Saint-Paul », citant les routes départementales, les radiers ou encore la gestion de la zone humide de l’étang Saint-Paul.

Selon lui, « vouloir faire porter le chapeau au Département sur les difficultés budgétaires que traverse la commune n’est pas honnête ».

Réponse sans détour du maire et relance du débat sur la dette au passage : « On aurait pu éviter ces intérêts qui pèsent actuellement sur nos finances, mais il faut dire les choses, le plus gros créancier de la Ville de Saint-Paul actuellement, c’est le Département. »

Quelques instants plus tard, il a enfoncé le clou : « Vous voulez de la transparence, nous on a de la transparence », avant d’énumérer plusieurs subventions attendues, pour un montant global approchant les 7 millions d’euros.

Toujours pour l’opposition, Dominique Apaya-Gadabaya a jugé pour sa part que « ce budget manque de transparence » et va jusqu’à estimer qu’il est « parfois insincère ». Selon lui, la commune semble « renoncer à ses ambitions ».

Présente dans l’hémicycle, Huguette Bello appelle à recentrer les échanges. Elle rappelle que « toutes ces subventions irriguent les collectivités » et souligne que « cet argent ne nous appartient pas », invitant chacun à davantage de « transparence » tout en précisant : « Nous ne sommes pas ici pour polémiquer. »

Travailler dans un "esprit de concorde" pour Cyrille Melchior

Les échanges entre les deux exécutifs se sont poursuivi ensuite sur plusieurs dossiers concrets. Concernant le Sdis dans les hauts, Cyrille Melchior indique qu’« on a trouvé du foncier pour construire un nouveau centre depuis un an » mais a aussi déploré qu’« on attend toujours que le permis de construire soit signé ».

Saisissant l’occasion, Emmanuel Séraphin l'a directement interpellé : « Comme nous avons la chance de vous avoir aujourd’hui avec nous, nous vous demandons formellement un rendez-vous. »

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Le maire a listé alors plusieurs sujets en attente : gymnase, routes départementales, associations de lutte contre les violences intrafamiliales ou encore déploiement des secours dans les hauts. Avant de conclure : « Nous avons des dossiers concrets. On ne va pas recommencer comme depuis six ans où tout est à l’arrêt. »

Réponse plus conciliante de Cyrille Melchior : « Oui, bien sûr, je suis prêt à recevoir tous les maires qui en font la demande. Je n’ai aucun problème, je travaille dans un esprit de concorde. »

Réagissant aux propos de Cyrille Melchior sur sa disponibilité, la députée Lebon encore : « Je suis contente d’apprendre que vous recevez tous les maires, mais vous avez ignoré mes demandes », espérant que « le temps sera également trouvé pour recevoir les parlementaires ».

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