Saint-Louis : En plus des coups, il oblige les jeunes enfants à regarder des films porno

Un Saint-Louisien a été jugé ce mardi 14 octobre par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour des faits de maltraitance sur son enfant et ceux de sa compagne. Entre violences physiques, manque de soins essentiels et visionnage de films pornographiques, les enfants, depuis placés, ont vécu un véritable cauchemar. Il a été condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis.
Pour reprendre la formule du vice-procureur, Jean-Michel L. “a fait l'honneur au tribunal de son absence”. Les magistrats auraient aimé lui poser des questions, mais le prévenu n'a pas daigné se présenter, ni même se faire représenter par un avocat. C'est donc en son absence que s'est tenu son procès.
La famille qu'il compose avec sa conjointe est bien connue des services sociaux, notamment de l'ALEFPA qui suit cette famille depuis plusieurs années. Le couple a eu un enfant ensemble, alors que la conjointe avait déjà six enfants de deux pères différents. Mais que ce soit son fils naturel ou les autres enfants, personne n'échappe à ses maltraitances, même si seulement deux enfants vont oser briser la loi du silence.
La grande majorité des enfants ont été placés après des signalements de violences des écoles. Un jour, l'une des filles est arrivée avec un bonnet tâché de sang. L'équipe pédagogique a constaté une poignée de cheveux arrachés et une bosse. Pour l'ensemble des enfants, les établissements signalaient un manque d'hygiène important, en plus d'un fort absentéisme. L'explication de la mère à ce sujet serait les coupures d'eau et d'électricité provoquées par leur propriétaire.
Des maltraitances autant physiques que psychologiques
Là où l'affaire prend une tournure sordide, c'est lorsque l'une des familles d'accueil va découvrir que la jeune fille de moins de 10 ans qu'ils gardent, fait des gestes sexuels en jouant avec sa poupée. Elle va alors expliquer qu'elle reproduit ce qu'elle voit dans les films que son beau-père l'oblige à regarder. En dehors des films pornographiques, il oblige également les enfants en bas âge à regarder des films d'horreur. En plus de cela, les coups avec des objets sont quotidiens selon l'un des garçons. Les sévices allant jusqu'à faire couler de la cire chaude sur eux.
Seuls deux des enfants vont témoigner des violences quotidiennes. L'examen cutané du médecin légiste indique qu'il existe des traces corroborant les témoignages des enfants. “C'est regrettable qu'il ne soit pas présent. Faire subir des faits de maltraitance pendant 5 ans à des enfants de moins de 10 ans, c'est traumatisant”, souligne Me Virginie Von-Pine qui représente les enfants. Elle demande 2000 euros pour le préjudice moral et 2000 euros pour le préjudice physique pour chaque enfant.
“Je regrette son absence et elle m'inquiète. Les faits sont sur plusieurs années. Le prévenu conteste les faits et présente au contraire une situation presque idyllique. Mais le corps des deux enfants a parlé et donne du crédit à leur déclaration”, argue la procureure qui demande une peine de deux ans de prison, dont un an avec un sursis probatoire de deux ans. Le tribunal va suivre les réquisitions et accorder le dédommagement demandé par la partie civile.


