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Saint-Leu : Thierry Robert claque la porte du conseil municipal

Ecrit par Maxime Bonnet – le vendredi 10 avril 2026 à 11H14
Thierry Robert a préféré quitter la séance dès la première affaire.

Accusations d’irrégularités, échanges tendus, puis départ de l’opposition : le second conseil municipal à Saint-Leu a rapidement tourné à l’affrontement entre Thierry Robert et Karim Juhoor, sur fond de finances jugées « très délicates ».

Il avait promis de venir à ce second conseil municipal, il a tenu parole. Thierry Robert a siégé au côtés des élus de l'opposition, et a d'emblée donné le ton, dès les premières minutes de ce conseil municipal. L’affrontement entre majorité et opposition s’est rapidement cristallisé autour d’accusations d’irrégularités.

Le candidat malheureux de ces dernières municipales a ouvert les échanges en dénonçant une « suspicion d’irrégularité » liée au conseil municipal d’installation, évoquant un courrier adressé le 30 mars au DGS. Une accusation sèchement rejetée par le maire, Karim Juhoor.

« Tous vos élus ont été convoqués », répond-il, détaillant trois envois successifs : par mail, via la police municipale, puis à une nouvelle adresse. « On ne va pas jouer au chat et à la souris à chaque conseil », lance-t-il, agacé.

En face, Thierry Robert maintient la pression : « S’il y a eu des irrégularités, ça va être compliqué de vous adresser directement mes courriers ». La réponse du maire est sans détour : « Vous êtes juge ? Allez donc voir le tribunal administratif si vous estimez qu’il y a des irrégularités.». L’épisode tourne court. L’opposant annonce immédiatement que son groupe ne participera ni au vote ni à la séance. Il se lève, suivi de ses élus et de quelques sympathisants présents dans le parc du 20 Décembre, laissant la majorité poursuivre seule les débats.

D'ailleurs, lors d'une conférence de presse improvisée sur la pelouse du parc du 20-Décembre, l'ancien député-maire affirme qu'une plainte au pénal a été déposée par son avocat pour des faits qui se seraient déroulés lors du second tour. Thierry Robert reste discret sur ces fameux événements, mais confirme également avoir déposé un recours au tribunal administratif pour contester les résultats.

Rupture politique dès l’ouverture du conseil

Derrière cet accrochage, c’est bien la situation financière de la commune qui s’invite dans le débat politique. « On récupère une mairie avec un budget très délicat, sans beaucoup de marge de manœuvre », affirme Karim Juhoor. Le maire pointe un double héritage : « une mandature qui investissait sans partenaire » et « une autre qui a beaucoup investi dans la masse salariale ». Avant de tenter de se projeter : « On peut demain relever la tête pour regarder l’avenir ».

Les chiffres confirment une situation contrainte. Les recettes fiscales sont estimées à 18,7 millions d’euros, sans hausse des taux. L’investissement atteindrait 25,5 millions d’euros, dont 6,6 millions déjà engagés. L’encours de la dette s’élève à 45,7 millions d’euros, soit 1 269 euros par habitant, au-dessus de la moyenne départementale. Aucun recours à l’emprunt n’est prévu en 2026.

« On récupère une mairie avec un budget très délicat »

Dans ce contexte, la majorité avance sur une ligne de crête : maintenir certaines promesses tout en freinant les dépenses. Les mesures les moins coûteuses, comme le guichet unique pour les entreprises ou l’accompagnement des étudiants post-bac, pourraient voir le jour rapidement. Les autres attendront.

« On découvre une commune qui était gérée au jour le jour », insiste le maire, qui annonce toutefois la « sanctuarisation » de plusieurs priorités, dont la cuisine centrale et la rénovation de deux écoles, avec un cap affiché : « mettre l’accent sur l’éducation ».

Reste la question des marges financières. La mise en place des petits-déjeuners dans les écoles, estimée à 360 000 euros par an, devra être financée par des économies. Un plan de reboisement est également annoncé.

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