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Saint-Leu : le Namasté et la Banane sommés de partir avant le 11 avril

Ecrit par T.L. – le jeudi 10 avril 2025 à 05H56

Au terme d'une longue procédure juridique l'opposant à l'occupant, qui sous-louait le terrain idéalement situé à des commerçants, la mairie de Saint-Leu entend récupérer son bien à compter du 11 avril. Le restaurant le Namasté, principal concerné avec le snack-bar la Banane, a lancé une pétition appelant à sauver les lieux.

« Non à la démolition injustifiée de nos établissements ! », clame le restaurant Namasté sur une pétition qui circule ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Situé à l'angle de la rue Haute et de la rue du Général Lambert, à deux pas du Parc du 20 Décembre et de la rondavelle Chez Ti Roule, ce restaurant thaïlandais très prisé des Saint-Leusiens se transformait parfois le dimanche soir en lieu festif, à l'image d'autres établissements du front de mer.

Selon la mairie, le Namasté ainsi que le snack-bar voisin la Banane devront avoir libéré les lieux « avant le 11 avril », un permis de démolir ayant été déposé par la commune sans qu'il ne soit contesté par les occupants. L'affaire ne manque pas de piquant : ces derniers sont les locataires de parcelles communales sous-louées par le père de l'opposant Karim Juhoor, dans le cadre d'un bail de trois ans accordé par la mairie en août 2021.

Le terme du bail étant dépassé de longue date, la commune indique disposer d'une ordonnance lui permettant de faire déployer au besoin la force publique. Il faut dire que l'affaire des parcelles cadastrées AV 1561, AV 1554 et AV 1557 a opposé, depuis trois décennies, plusieurs maires de Saint-Leu au locataire des lieux.

Le Namasté pas aux normes pour accueillir du public

En 1991, la mairie acquiert les terrains alors que M. Juhoor père dispose d'un bail. Selon un rapport du conseil municipal en date d'octobre 2022, le loyer se monte à l'époque à 544,99 euros pour une surface de 1.400 m², que M. Juhoor sous-loue déjà entièrement.

En juin 2015, une décision administrative confirme la résiliation du bail et reconnaît la commune comme propriétaire des lieux. « Mais il est apparu que M. Juhoor a continué à sous-louer les parcelles occupées à des entreprises du domaine de la restauration et du commerce » relève le conseil municipal de Bruno Domen, dans sa délibération du 13 octobre 2022.

Même si elle obtient une ordonnance d'expulsion en juillet 2021, la commune choisit de laisser un peu de temps aux commerçants. Et d'encaisser des loyers jusqu'en juillet 2024, le temps de mettre en route son projet de modernisation du centre-ville.

« Depuis plusieurs années, les restaurants avaient été mis en demeure de régulariser leur situation en matière de conformité aux normes ERP (établissements recevant du public, NDLR), ce qui n'a pas été fait. La nécessité de permettre la réalisation d'un projet structurant pour le centre-ville doit primer sur les intérêts financiers de ces entreprises, qui étaient bien au fait des procédures en cours contre M. Juhoor, depuis plusieurs années », fait valoir la ville de Saint-Leu, jointe par Zinfos974.

Si les projets pour le centre-ville ne semblent pas encore arrêtés, la mairie envisage de bâtir un pôle d'échanges multimodal à l'entrée ouest de la ville, à la place du Namasté, d'augmenter le nombre de places de parking sur la rue du Général Lambert et de rendre piétonne la rue de la Compagnie des Indes.

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