Saint-Gilles : une querelle de voisinage se termine au tribunal

Ce jeudi 5 février, une retraitée était jugée en appel pour des faits de tapages injurieux. Ayant écopé d'une amende de 250 euros en première instance, elle est soupçonnée d'avoir provoqué des nuisances au moyen du klaxon de son véhicule devant un restaurant.
L'histoire examinée par la cour d'appel peut prêter à sourire, mais témoigne d'un conflit larvé qui peut toucher n'importe qui. Une retraitée vivant à Saint-Gilles est en guerre ouverte avec un restaurant situé en face de chez elle.
Elle reproche au propriétaire les nombreux tapages et les stationnements intempestifs, qui selon ses mots, gênent l'entrée de sa case. Lors d'une soirée en décembre 2023, la retraitée constate que le véhicule d'une serveuse du restaurant gêne la sortie de son domicile. Dans son véhicule, la riveraine se met alors à klaxonner de manière répétée, pendant plusieurs minutes.
Une altercation survient, et des clients se mêlent à cette dispute. Le cuisinier du restaurant filme la scène quand la retraitée sort de ses gonds et les invective. Son téléphone finit par tomber dans le véhicule de la dame, qui refuse de le lui rendre avant l'arrivée des forces de l'ordre.
Un témoin, un gendarme hors service et dînant avec ses proches, tente de calmer les choses. Ses collègues sont prévenus, et une heure après, les gendarmes interviennent.
Un conflit ancien
À la barre, nous n'avons pas affaire à une dame véhémente. Elle reconnaît effectivement avoir quelques griefs à l'encontre du restaurateur en raison des tapages et des incivilités routières dont font preuve certaines personnes devant chez elle.
Lors de l'audience, le tribunal met aussi à jour une sombre histoire de dépôt de déjections canines près du restaurant. Une petite vengeance qui ne semble pas du tout amuser la présidente. L'avocate générale rappelle qu'au moment de son audition, la retraitée a effectivement reconnu avoir klaxonné à plusieurs reprises face au restaurant, caractérisant ainsi l'infraction de tapages injurieux. Elle requiert de condamner la retraitée à une amende de 250 euros.
Complot et noms d'oiseaux
L'avocat de la défense peste contre cette procédure envers sa cliente. Il explique qu'une certaine complaisance existe entre le restaurant et la maréchaussée, dont nombre d'agents fréquentent l'établissement. Pour preuve, il s'étonne de la prompte intervention des gendarmes sur les lieux, pour une banale affaire de klaxon.
Qui plus est, il exhibe les nombreuses plaintes déposées par sa cliente pour le boxon que produirait ledit établissement, toutes transformées en main courante. De plus, il remet en question le témoignage de l'une des serveuses, qu'il gratifie d'un nom d'oiseau que l'auteur préfère taire. Il évoque l'exaspération de sa cliente face à ce voisin visiblement gênant, qui ne respecterait pas les règles de bienséance dans ce lotissement. Il plaide la relaxe de sa cliente, retenant que la qualification « d'injurieux » n'a rien à faire dans ce dossier.
La décision doit être rendue en mars.


