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Saint-Denis : Les obsessions d'une cliente rendent la vie de son avocat impossible

La quinquagénaire sanctionnée pour avoir harcelé son avocat aurait dû réfléchir avant de faire appel de sa condamnation. Ce jeudi, les magistrats de la cour ont bien noté que rien n'avait changé dans le discours de la mise en cause qui est repartie à la prison de Domenjod avec une peine plus lourde.
Ecrit par Isabelle Serre – le vendredi 21 avril 2023 à 05H08

Comme lors de son premier procès, Soraya Q. a réfuté un à un les arguments développés par les magistrats de la cour faisant lecture et détaillant les faits qui lui sont reprochés. Entre 2017 et 2019, son avocat de l'époque, Me B., avait représenté la quinquagénaire dans une affaire immobilière. Mais il avait fini par renoncer à une partie de ses honoraires car celle-ci venait trop souvent au cabinet, prétextant de payer sa dette petit à petit. Chacune de ses visites était l'occasion de faire des histoires.

Cependant, les perturbations régulières ne s'étaient pas arrêtées là, bien au contraire. L'avocat s'était, un soir, retrouvé nez à nez avec la cliente planquée dans le parking souterrain où il garait sa voiture. "Elle ne connaissait personne d'autre dans cet immeuble. Elle était là pour lui", martèle Me Guillaume Mayer, avocat du plaignant. Soraya Q. avait été jugée pour ces faits dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et avait écopé de 3 mois de prison avec sursis pour des faits qu'elle avait donc reconnus.

Malgré cet avertissement, ce qui était devenu un harcèlement quasi-quotidien s'est poursuivi cette fois-ci dans les artères situées aux alentours du cabinet d'avocat où madame attendait "sa proie" au volant de sa voiture ou plantée dans la rue. Le clou de l'histoire : 60 messages téléphoniques envoyés comportant chacun une citation différente. Une nouvelle plainte avait été déposée et la mise en cause avait été placée sous contrôle judiciaire en attendant son procès correctionnel.

Soraya Q. n'avait pas respecté ses obligations. Elle avait continué son comportement obsessionnel et s'était retrouvée en détention. Elle avait comparu détenue et semblait particulièrement perturbée devant les premiers juges. 6 mois de prison et un mandat de dépôt avait été décidé par le tribunal. Mais se réclamant d'un complot, l'intéressée avait fait appel.

Ce jeudi, cette dernière est apparue toujours aussi perturbée et n'a montré aucun signe de remise en question malgré les soins qu'elle a commencés à suivre dans le cadre de sa détention.

Niveau psychologique, personne n'en saura plus puisque Soraya Q. a toujours refusé de se soumettre à une expertise qui aurait pourtant pu vraisemblablement lui apporter des éléments de compréhension.

Aussi, le parquet général a été plus sévère dans ses réquisitions, que la cour a entièrement suivies : 16 mois de prison dont 8 avec sursis probatoire et la révocation de 3 mois de sursis, soit 2 mois de plus qu'en première instance.

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