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Saint-Benoît : sous les couleurs du RN, Sabrina Ramin veut “foutre dehors” Patrice Selly

Ecrit par P.M. – le jeudi 18 décembre 2025 à 11H02
La candidate a inauguré hier soir sa permanence en présente de Jean-Jacques Morel et de Lise-May Turpon, candidate à Bras-Panon.

L’élue de l’opposition, désormais encartée au Rassemblement national, a lancé officiellement sa campagne ce mercredi en inaugurant sa permanence en présence du délégué régional du parti à la flamme, Jean-Jacques Morel. Investie par le parti, Sabrina Ramin fait de la sécurité et de la jeunesse ses priorités avec un message offensif à l'encontre du maire sortant.

En présence d'une centaine de sympathisants dont le chef d'entreprise Michel Allamèle, ancien candidat aux municipales et qui devrait figurer sur la liste, Sabrina Ramin a inauguré mercredi soir sa permanence, lançant de même sa campagne. Il s'agit de sa troisième candidature à la mairie de Saint-Benoît.

Lors du précédent scrutin, en 2020, elle s’était classée en deuxième position derrière Patrice Selly au premier puis au second tour avec 19,64 % puis 30,59 % des suffrages. Au second tour, elle avait maintenu sa candidature et était arrivée devant la liste d’union menée par Patrick Dalleau, rejoint à l’époque par Philippe Le Constant et Jean-Luc Julie.

Également candidate en 2014, elle avait totalisé 13,01 % des suffrages et n’avait pas maintenu sa candidature au second tour. Un scrutin qui avait été remporté à l’époque par Jean-Claude Fruteau.

Le RN, une “suite logique”

Une candidature notamment permise par le récent coup de théâtre au procès dit des emplois de cabinet au sein de la Région Réunion sous la présidence de Didier Robert. La cour d'appel de Saint-Denis ayant renvoyé le procès à la suite de l'examen d'une question de nullité soulevée par la défense. Le nouveau procès en appel est fixé du 15 au 17 avril 2026 après une relaxe générale prononcée en première instance.

Lire aussi : Coup de théâtre, le procès des emplois de cabinet de la Région sous Didier Robert renvoyé

C'est désormais sous les couleurs du RN qu'elle se présente devant le suffrage des Bénédictins. Une “suite logique” selon elle.

Elle décrit une convergence mûrie depuis plusieurs années : “Ce n’est pas hier que je l’ai décidé, c’est depuis 2022. J’ai soutenu à l'époque la candidature de Marine Le Pen… C’est une suite logique.” Elle est désormais encartée au parti à la flamme dont elle porte désormais les couleurs. La candidate rappelle qu'elle avait également fait campagne en 2021 aux départementales au côté de Jean-Yves Faustin, adjoint de Johnny Payet. 

"La droite est paumée"

Une réponse aussi à une attente locale selon elle : “Aujourd’hui, le peuple de Saint-Benoît demande le rassemblement (…) Je souhaite que le Rassemblement national prenne les rênes de cette commune.”

Elle appelle à une union des droites dans la ville et ailleurs dans l'île : “La droite est paumée. J’invite mes collègues à rejoindre Marine Le Pen et Jordan Bardella.”

Interrogée, elle indique avoir rencontrée l'autre candidat à droite, Patrick Dalleau, sans parvenir à un accord dès le premier tour : “Oui, J’ai vu Patrick Dalleau. J’espère qu’au second tour, nous pourrons travailler ensemble.”

Un temps pressenti pour porter les couleurs du RN à Saint-Benoît, Jean-Yves Atchicanon était absent hier. La candidate dit travailler à "l'union".

Sécurité : “un service pour surveiller les caméras”

Sabrina Ramin fait de la sécurité le socle de son projet municipal : “La sécurité, c’est le premier point de notre programme.”

Selon elle, le dispositif actuel souffre de graves défaillances : “Il existe des caméras à Bras-Fusil, mais elles ne fonctionnent même pas.” Elle assure qu’un système opérationnel aurait permis d’éviter certains drames : “S’il y avait une surveillance, la gendarmerie serait intervenue aussitôt.”

Elle propose notamment la création d'un service dédié au sein de la police municipale pour la surveillance des caméras de vidéoprotection.

La candidate veut également plus de patrouilles, de jour comme de nuit, et une collaboration accrue entre police municipale et gendarmerie.

Elle lie ces ambitions au contexte national : “Le ministre de Macron n’écoute pas nous ici. (…) Il faut permettre à Marine Le Pen et Jordan Bardella de nous donner les moyens financiers et humains.”

Uniforme, fournitures scolaires : une “égalité de traitement”

Dans son programme, la candidate déroule également un ensemble de mesures destinées aux familles, aux élèves et aux jeunes sportifs. L’ensemble repose sur un principe qu’elle martèle : “l’égalité de traitement”.

Parmi les propositions phares :
– prise en charge des fournitures scolaires pour 10 euros par enfant,
– aide de 300 euros pour les voyages linguistiques,
– soutien financier de 500 à 1 000 euros aux sportifs de haut niveau,
– uniforme scolaire “gratuit pour tous”,
– bourse “au mérite” de 300 euros pour les élèves ayant obtenu une mention.

Elle insiste : “L’égalité est pour tous. (…) En 2026, on va le faire.”

Sabrina Ramin veut également rénover le patrimoine communal et améliorer la prise en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Elle présentera son programme complet en janvier.

Une charge contre “une équipe d’amateurs et d’incompétents”

La candidate a attaqué durement la majorité actuelle : “L’heure a sonné pour cette équipe d’amateurs, pour cette équipe d'incompétents, de les foutre dehors.”

Elle attaque directement le maire et ses adjoints : “Il y a bien trop longtemps, dans cette commune, on nous a oubliés (…) Le maire et ses adjoints sont venus remplir leurs poches.”

Elle juge la commune “dans le fénoir”, un territoire doté d’un “fort potentiel” mais “retenu”, “mal orienté”, et qui, selon elle, nécessite un “changement radical”.

“Je suis revenue plus forte”

Sabrina Ramin admet que la défaite de 2020 a été un coup dur politique, “mais je n’ai jamais abandonné les Bénédictins, jamais abandonné les familles, je suis revenue plus forte.”

Elle mise sur une dynamique ascendante et sur la participation électorale : “Chaque vote compte, n’allons pas regretter comme en 2020.”

Et conclut avec assurance : “Je me battrai jusqu’au bout (…) Je n’ai aucun doute que ça va bien se passer le 15 mars 2026.”

C'est divisées que droite et gauche vont mener campagne à Saint-Benoît.

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