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Saint-Benoît : l’humidité est telle que des champignons poussent dans son logement social

Ecrit par P.M. – le samedi 28 février 2026 à 15H57
La locataire a du récemment jeter un meuble sur lequel prospérait des champignons.

Dans une résidence sociale pourtant récente de Saint-Benoît, une mère seule avec quatre enfants vit dans un appartement fortement touché par l’humidité, à tel point que des moisissures et même des champignons poussent sur les meubles. Malgré des démarches engagées auprès du bailleur social, la SEMAC, et l’intervention de son assurance, la situation reste difficile au quotidien, au point de rendre certaines pièces inhabitables.

La résidence Terre Carrère, mise en service il y a une dizaine d’années, affiche de l’extérieur un cadre agréable. Mais une fois la porte de certains appartements franchie, l’odeur d’humidité saute immédiatement au nez.

L'humidité est tellement forte et persistante que des moisissures se sont installées sur les murs et les meubles. La locataire affirme avoir dû jeter plusieurs biens détériorés, allant jusqu’à constater l’apparition de champignons sur certains meubles, notamment dans la salle de bains.

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Deux des enfants ne dorment plus dans leur chambre, devenue selon la famille irrespirable, et doivent s’installer dans le salon. « Et encore, lors de votre visite, il faisait beau et sec. Venez après de fortes pluies, quand on est obligé de fermer les fenêtres et les portes, c’est intenable », témoigne la mère de famille.

L’origine du problème serait liée, selon les informations communiquées à la locataire par une entreprise intervenue sur place, à une infiltration d’eau sous la salle de bains, provoquée par un défaut d’étanchéité ou d’évacuation. Des travaux ont été engagés en septembre dernier, avec la dépose partielle de la douche, mais n’ont pas été achevés depuis.

Les moisissures prospèrent sur les meubles, obligés d'être jetés au fur et à mesure (photos D.R).

La locataire demande la fin des travaux et une réduction de loyer

Face à cette situation, la locataire demande avant tout que les travaux engagés dans la salle de bains soient terminés et que des solutions durables soient apportées pour traiter l’humidité dans l’ensemble du logement. Elle indique également avoir sollicité une réduction de loyer, estimant que les conditions de jouissance de son appartement sont altérées, une demande qui n’a, à ce stade, pas abouti.

Par ailleurs, elle explique avoir effectué les démarches nécessaires auprès de son assurance pour les meubles endommagés, sans toujours obtenir de retours clairs sur l’avancement des procédures.

Le président de la CNL, Jean-Michel Saingainy, demande notamment la fin rapide des travaux au niveau de la douche.

La CNL en soutien

Saisie par la famille, la Confédération nationale du logement (CNL) région Réunion est intervenue et a alerté la SEMAC, ainsi que les autorités compétentes. Son président, Jean-Michel Saingainy, évoque un « gros problème d’humidité » dans le logement, d’autant plus préoccupant qu’un des enfants est malade.

« La chambre est irrespirable. On a alerté la mairie, l’ARS et le bailleur. Il faut attaquer le mal à la racine », affirme-t-il, appelant la SEMAC à reprendre rapidement les travaux de la salle de bains laissés en suspens et à mettre en place des solutions efficaces contre l’humidité qui « ronge l’appartement et les meubles ».

La SEMAC évoque des causes multiples

Contactée, la SEMAC indique suivre ce dossier depuis l’entrée de la locataire dans le logement, en septembre 2024. Son directeur, Frédéric Pillore, précise que le bailleur a fait réaliser des mesures d’humidité dans l’appartement, dont les résultats ne faisaient pas apparaître, à l’époque, de taux anormaux.

Des investigations complémentaires ont ensuite été menées, notamment dans le logement situé à l’étage supérieur. Selon les rapports d’expertise, l’origine principale des désordres serait un dégât des eaux lié à une machine à laver défectueuse chez le voisin du dessus, un sinistre qui n’aurait pas été déclaré initialement. L’assurance de la locataire a d’ailleurs retenu cette hypothèse et procédé à une indemnisation pour les meubles endommagés.

L’expert de l’assurance a également évoqué un possible défaut d’étanchéité ou d’évacuation au niveau du bac à douche de l’appartement concerné. À la suite de ce rapport, reçu fin décembre 2025, la SEMAC indique avoir engagé des travaux sur la salle de bains à partir de janvier, en tenant compte des contraintes liées aux congés du secteur du BTP.

Concernant la demande de réduction de loyer, le bailleur précise que celle-ci ne peut être envisagée que si sa responsabilité est clairement engagée et si le sinistre impacte directement l’habitabilité du logement. « À ce stade, les éléments du dossier font état d’un dégât des eaux relevant d’une relation entre locataires », indique la SEMAC, tout en assurant rester disponible pour travailler avec la CNL afin de faciliter le dialogue et le suivi du dossier.

Dans la chambre des enfants, l’humidité est telle que les plinthes se décollent.

Une réunion prévue la semaine prochaine

Les travaux en cours dans la salle de bains devraient permettre, selon le bailleur, d’évaluer si l’humidité persiste. La situation reste suivie de près par l’association de locataires, qui demande des réponses rapides au regard des conditions de vie de la famille.

En réponse à la SEMAC, la locataire évoque une réunion en novembre dernier "avec mon assureur, à laquelle le bailleur, convoqué, n'est pas venu". De son côté, le président de la CNL demande à pouvoir consulter tous les rapports d’expertise, « ce qui n’est toujours pas le cas malgré nos nombreuses demandes ».

Le dossier, et d’autres, seront au cœur d’une rencontre prévue la semaine prochaine entre la CNL et le bailleur.

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