Il y a un an, Garance frappait l’île : cinq morts et des dégâts considérables

Le 28 février 2025, le cyclone Garance balayait La Réunion avec des rafales à 234 km/h. Cinq morts, des infrastructures dévastées, 39 heures de confinement dont trois en alerte violette : un an après, retour sur un épisode hors norme et sur la reconstruction engagée.
Il y a un an, La Réunion retenait son souffle. Dans la nuit du 27 au 28 février 2025, le cyclone Garance frappait l’île avec une violence rare, générant des rafales jusqu’à 234 km/h. Pendant 39 heures, le département a été confiné, dont trois heures en alerte violette, le niveau maximal du dispositif cyclonique.
Lire aussi : Cyclone Garance : un système très compact et dangereux qui abordera La Réunion avec une intensité marquée
La chronologie reste gravée dans les mémoires. La pré-alerte avait été déclenchée le 25 février à 19 heures, suivie de l’alerte orange le 26 à 14 heures. Le 27 février à 19 heures, l’alerte rouge entrait en vigueur. Le lendemain matin, à 9 heures, l’île basculait en alerte violette, levée trois heures plus tard, avant un retour en rouge jusqu’au 1er mars à 10 heures. La phase de sauvegarde se prolongera jusqu’au 8 mars.
Cinq morts et des dégâts massifs
Le bilan humain a été lourd : cinq décès et six blessés recensés dans le département. Mais au-delà des chiffres, c’est toute une île qui s’est retrouvée meurtrie. Réseaux électriques et télécommunications à terre, routes coupées, radiers emportés, ravines en crue, équipements publics endommagés, exploitations agricoles dévastées : Garance a laissé derrière lui un paysage de désolation.
Lire aussi : Cyclone Garance : des rafales de 234 km/h à Ste-Rose, 463 mm de pluies au Volcan
Sur le terrain, les images de la Ravine du Butor en furie, des axes submergés dans l’Est, des toitures arrachées dans le Nord et surtout l'Est ou encore des quartiers privés d’électricité pendant plusieurs jours ont marqué les esprits. Dans plusieurs communes, les écoles et services publics sont restés fermés bien après la levée de l’alerte rouge, le temps d’évaluer les dégâts et de sécuriser les bâtiments.
Lire aussi : Les miraculés de Caricubes : « On a vu nos vies partir avec les flots »
Lire aussi : A Saint-Gilles-les-Bains, on constate les dégâts et on nettoie les rues
Lire aussi : Hell-Bourg meurtri par le cyclone Garance : une situation "apocalyptique"













Une mobilisation hors norme
Face à l’ampleur de la crise, la mobilisation a été exceptionnelle. Selon la préfecture, 8.000 personnels sont restés en activité durant les 39 heures de confinement : soignants, agents des collectivités, forces de sécurité, opérateurs des réseaux.
Dès les premières heures suivant le passage du cyclone, quatre cellules opérationnelles ont été mises en place pour coordonner les opérations de terrain, soutenir les collectivités et la population, piloter la remédiation économique et sociale et organiser la reconstruction.
Des dizaines de millions d’euros mobilisés
Sur le plan économique et social, plusieurs leviers ont été activés. Le Fonds de secours outre-mer a permis de soutenir les petites entreprises et les exploitants agricoles touchés. Un fonds d’extrême urgence a été mobilisé pour les foyers les plus fragiles. L’activité partielle a également été déclenchée afin de préserver l’emploi et sécuriser les revenus des salariés.
À ce stade, 50 millions d’euros ont été mobilisés pour les collectivités, 30 millions pour les agriculteurs, 19 millions pour les foyers les plus précaires et 550.000 euros pour les salariés dont les entreprises ont été impactées.
Reconstruire et adapter
Un an après, la reconstruction ne se limite pas à réparer. Des relevés de terrain et analyses hydrologiques ont été conduits par le Bureau de recherches géologiques et minières, en lien avec le Centre scientifique et technique du bâtiment et le Conseil de l’ordre des architectes. L’objectif : qualifier précisément les phénomènes observés – érosion, mouvements de terrain, débordements de ravines – et orienter les choix vers des solutions adaptées aux réalités géographiques et climatiques de l’île.
Dans chaque intercommunalité, des groupes de travail associant communes, Région et Département ont été constitués pour prioriser les interventions et lever les freins administratifs. Une convention opérationnelle entre l’État et la Cinor a également permis de renforcer la coordination des opérations dans le Nord.
Lire aussi : Après Garance, un plan ravines pour prévenir les inondations à La Réunion
Les chantiers engagés visent notamment à rétablir le libre écoulement des eaux et à sécuriser durablement les ouvrages hydrauliques, en particulier à la Ravine du Butor et à la Rivière des Pluies.
Lire aussi : Un an après Garance, les ravines de Saint-Denis placées sous vidéosurveillance
Lire aussi : Saison cyclonique : le préfet Patrice Latron vante les travaux dans les ravines
Garance aura été un électrochoc. Au-delà de l’urgence, il a posé une question de fond : comment renforcer durablement la résilience de La Réunion face à des phénomènes climatiques appelés à se répéter et à s’intensifier ? Un an après, l’île panse encore certaines plaies, mais elle tente aussi de se préparer au prochain choc.


