Saint-Benoît : la majorité de Patrice Selly mise sur la reconstruction, l’opposition dénonce des promesses tardives

Réunis lundi soir, les élus de Saint-Benoît ont adopté plusieurs dossiers majeurs, dont un plan de reconstruction post-cyclone financé à 95 % par l’Europe. Si la majorité se félicite d’une "vision ambitieuse", l’opposition dénonce un manque d’entretien et des décisions prises à la hâte.
Le conseil municipal de Saint-Benoît s’est réuni ce lundi 22 septembre 2025 sous la présidence du maire Patrice Selly. Dix-huit dossiers figuraient à l’ordre du jour, avec en toile de fond la poursuite de la reconstruction après le cyclone Garance et l’adoption de plusieurs projets structurants pour la commune.
En ouverture de séance, les élus ont voté à l’unanimité une motion symbolique pour reconnaître un État palestinien. Le texte appelle également à mettre fin aux violences à Gaza et à protéger les populations civiles.
Sur le plan budgétaire, le conseil a validé le budget supplémentaire 2025, d’un montant de 969.377,85 euros, dont 904.557,66 euros en fonctionnement et 64.820,19 euros en investissement. Cet ajustement, qui intègre les résultats de l’exercice 2024, tient compte des dépenses imprévues liées aux dégâts provoqués par le cyclone Garance. Patrice Selly a insisté sur la nécessité d’adopter une gestion responsable face à la catastrophe : "Chaque euro dépensé vise à reconstruire un Saint-Benoît plus solide et surtout plus solidaire."
Gymnase, église, équipements sportifs : les priorités affichées
La reconstruction des équipements publics figure parmi les priorités. Plus de 14 millions d’euros de travaux seront engagés grâce au soutien massif du programme européen FEDER-FSE+ via le fonds RESTORE, avec une prise en charge à 95 % par l’Europe. Les projets concernent la reconstruction du gymnase Christophe Ramon pour un montant de 7 millions d’euros, la réfection de la toiture de l’église de Sainte-Anne pour un million d’euros, la remise en état de plusieurs équipements sportifs pour 3,2 millions d’euros, le renforcement du bâti scolaire pour 3 millions d’euros ainsi que la sécurisation de l’hôtel de ville pour 1,3 million d’euros. La participation de la commune sera limitée à environ 730.000 euros hors taxes. Le lancement des travaux est prévu pour septembre 2026.
En parallèle, la municipalité a validé une convention avec le SIDELEC Réunion afin d’accélérer la remise en état du réseau d’éclairage public et de la voirie, très endommagés par le cyclone. Les premiers chantiers débuteront dès le 1er octobre 2025 et concerneront l’ensemble du territoire bénédictin. Une enveloppe de 400.000 euros sera mobilisée dès cette année, le reste des travaux étant programmé pour 2026, pour un montant total estimé à un million d’euros.
Le prolongement de la quatre voies entre dans sa phase opérationnelle
La réhabilitation des voiries communales figure également parmi les priorités, soutenue par les fonds du Pacte d’Avenir de l’État. Le prolongement de la quatre voies entre l’échangeur du Bourbier et le giratoire des Plaines entre dans sa phase opérationnelle, un projet présenté par Patrice Selly comme essentiel au désenclavement économique et social du territoire, mais aussi à la modernisation du réseau routier. Parallèlement, la municipalité poursuit son programme d’aménagement de proximité avec la création d’aires de jeux et d’équipements de fitness dans plusieurs quartiers, de Petit Saint-Pierre à Beaufonds, pour un investissement global de 443.000 euros.
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Au-delà de la reconstruction, le conseil municipal a mis l’accent sur des projets de proximité destinés à améliorer le cadre de vie. Plusieurs quartiers bénéficieront d’aménagements avec la création d’aires de jeux et d’équipements de fitness en plein air. L’investissement global est estimé à 443.000 euros, financé à 80 % par des fonds européens, la commune apportant 107.000 euros. Dans le même esprit, la ville a validé l’installation, à partir de décembre, de huit "Eco Box" consacrés aux métiers de bouche sur l’esplanade du front de mer. Ces structures, gérées en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion, proposeront une offre de restauration diversifiée. Une redevance mensuelle de 590 euros a été fixée pour les exploitants, avec une révision annuelle de 1 %.
Autre dossier structurant : la signature du nouveau Contrat de Ville baptisé "Engagement Quartier 2030", qui couvre la période 2025-2030. Ce dispositif vise à mobiliser des financements spécifiques pour les quartiers prioritaires et à coordonner des actions autour de six axes majeurs : l’emploi, la jeunesse, l’émancipation, le cadre de vie, la sécurité et la santé. Patrice Selly a présenté ce contrat comme un "projet ambitieux et fédérateur, co-construit avec les habitants, les associations et les partenaires institutionnels" afin de réduire les inégalités sociales et territoriales.
"Garance a bon dos"
Si la majorité municipale a mis en avant la résilience et la modernisation de Saint-Benoît, l’opposition a vivement réagi. Patrick Dalleau, conseiller municipal et candidat déclaré aux municipales de 2026, a estimé que "le cyclone Garance a bon dos" et dénoncé un manque d’entretien des bâtiments publics bien avant la catastrophe. "Le gymnase, l’église ou encore l’éclairage public étaient déjà en mauvais état avant la tempête", assure-t-il. Pour Patrick Dalleau, la municipalité agit "dans la précipitation, sans réelle consultation des habitants". "Il faut plus de démocratie participative citoyenne", a-t-il souligné.
Même tonalité du côté de Philippe Le Constant, qui a critiqué "des promesses de dernière minute" à quelques mois des élections. L’opposant a aussi exprimé des doutes sur l’augmentation des charges de personnel communal : "1,7 million d’euros supplémentaires pour les charges de personnel, c’est énorme. Personne n’est dupe, à six mois des élections."
Il a enfin demandé communication du courrier préfectoral qui, selon lui, remet en cause la délibération de la majorité sur l’adhésion de la ville à la SPL Estival.
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Entre projets ambitieux et critiques appuyées, ce conseil municipal a confirmé que la campagne électorale est déjà lancée à Saint-Benoît. Si la majorité met en avant une stratégie de long terme et un soutien financier inédit de l’Europe, l'opposition elle, accuse la municipalité de retards accumulés. Un affrontement qui préfigure la campagne électorale à venir.


