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Saint-Benoît : cantine et fournitures scolaires gratuites "pour tous"

Ecrit par P.M. – le jeudi 9 avril 2026 à 10H50
Patrice Selly a appelé les élus à faire preuve "d'unité et de responsabilité", face à la conjoncture.

Lors du conseil municipal, ce mercredi, les élus ont notamment débattu des orientations budgétaires, dans lesquelles figurent plusieurs promesses de campagne, dont la gratuité des fournitures scolaires. Elle sera effective à la rentrée d'août et sans condition de ressources. Premier point de crispation avec l'opposition : l'application de la majoration de 20 % des indemnités.

Organisée dans le salon de la mairie, la séance a été largement consacrée aux nominations. Sur les 47 rapports examinés, plus d’une trentaine ont concerné des désignations dans les différentes instances où la commune est représentée : CCAS, établissements scolaires, bailleurs sociaux, CAUE… Pour le Sidelec, c'est Patrice Selly qui a été réélu comme représentant titulaire et Patrice Ellama comme suppléant.

À noter que, lors du vote des représentants au CCAS, la première affaire à l'ordre du jour, un vote blanc s’est ajouté aux quatre de l’opposition. Ce qui rappelle un autre vote blanc issu de la majorité, qui s'était déjà immiscé lors du vote des adjoints lors du conseil d'investiture de Patrice Selly.

Un élu manquait à l'appel hier dans les rangs de la majorité, en la personne d'André Foudrain (ce dernier avait fait un malaise lors de la campagne, NDLR). Jean-Hugues Ratenon, retenu à l'Assemblée nationale, manquait également dans les rangs de l'opposition. Les deux élus ont donné des procurations. Absente lors du conseil d'investiture, Sabrina Ramin était cette fois bien présente.

Un budget et des investissements en hausse

En ouverture de séance, Patrice Selly est revenu sur le contexte économique difficile : “Nous ne pouvons ignorer les tensions géopolitiques, la volatilité des prix de l’énergie (…) pour preuve, l’augmentation récente du prix du carburant sur le territoire réunionnais”, a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, la municipalité "fait preuve de rigueur et de méthode dans la gestion de ses ressources", assure le maire. Il chiffre dans la foulée le budget de fonctionnement à 76,5 millions d'euros, en hausse de 5,6 %. Une augmentation "maîtrisée de nos charges", selon Patrice Selly.

Les charges de personnel pèsent pour 46,4 millions d'euros, en progression de 7,2 % par rapport à 2025 (plus 3,1 millions d'euros). Un montant expliqué par des prévisions de recrutements, des départs en retraite et des avancements de carrière, l’application du régime indemnitaire de la police municipale (ISFE), les indemnités de chômage versées ou encore la mise en place des chèques déjeuner sur l’ensemble de l’année.

Côté investissement, le budget s'élève, lui, à 33,3 millions d'euros, en hausse de près de 22 %, contre une augmentation de 7,8 % lors de l'exercice précédent.

Pas de nouvel emprunt en vue

Patrice Selly a précisé qu'aucun nouvel emprunt n'est prévu cette année. "Cette décision s'inscrit dans une politique financière responsable et pragmatique visant à préserver notre marge de manœuvre et à maintenir une dette modérée".

Avec un encours total de 19,3 millions d'euros, répartis sur vingt-six emprunts et une durée résiduelle moyenne de quatorze années pour leur remboursement, "Saint-Benoît est de ce fait l'une des villes les moins endettées du département", se félicite l'élu.

Dans un "moment crucial pour notre commune", il a appelé les élus à faire preuve "d'unité et de responsabilité pour continuer à avancer ensemble malgré un environnement incertain".

L'opposition a voté contre la majoration des indemnités.

Indemnités : l'opposition vote contre

Parmi les dossiers "sensibles", figurait le vote autour de la majoration de 20 % des indemnités des élus. Une possibilité légale du fait du statut de "chef-lieu d'arrondissement" et de strate démographique. Elle concerne les 35 élus de la majorité, tous détenteurs d’une délégation.

L'opposition a voté contre : “Tout ce qui est légal n’est pas forcément moral (…) surtout dans le contexte actuel, quand on connaît la situation des familles bénédictines”, a déclaré Jérémy Vidot (groupe de Jean-Hugues Ratenon) avant le conseil, pointant également le calendrier de cette mesure, adoptée dès le premier conseil suivant l’installation de la majorité. Il évoque une décision difficile à justifier dans une commune qu’il décrit comme “la plus pauvre de France”.

Interrogé en amont, le maire n’a pas souhaité commenter ces critiques, indiquant simplement que la collectivité applique le cadre légal. Il ne s'agit pas d'une "augmentation", précise-t-il, jugeant qu'il n'y a pas matière à "polémiques, il s'agit de la simple application d'une majoration automatique pour les élus de la ville en tant que chef-lieu d'arrondissement".

L'opposant a pointé plusieurs autres dossiers. Parmi eux, la modification du PLU et la cession de terrains à Beauvallon, mettant en avant un avis défavorable de la Région.

L’élu s’interroge également sur la hausse des charges de personnel : “Si c’est pour les agents, pas de souci. Mais si c’est pour des promesses électorales, non”.

Cantine et effets scolaires gratuits

Malgré ce contexte budgétaire contraint, la majorité met en avant plusieurs mesures à caractère social, qui étaient aussi des engagements de campagne de Patrice Selly, comme la "gratuité" de la cantine scolaire, qui sera désormais appliquée sur toute l’année et pour toutes les tranches et celle des fournitures scolaires pour les élèves de maternelle et primaire, sans condition de ressources, soit environ 5 000 écoliers, pour un montant chiffré à 500 000 euros par an.

Ces dispositifs seront financés notamment via une revalorisation de la subvention à la caisse des écoles.

Reconstruction du gymnase Ramon pour 8,7 millions d'euros

Du côté des projets prévus dans les orientations budgétaires, Patrice Selly a énuméré plusieurs chantiers :
- la reconstruction du gymnase Ramon (8,7 M€)
- la réhabilitation de l’ancienne gare ferroviaire (589 575 euros)
- les travaux de voirie (1,5 M€)
- la modernisation de l’éclairage public (2,2 M€ pour la première tranche)
- le programme de renouvellement urbain (NPNRU, 1,4 million d'euros en 2026)
- la réhabilitation de l'église de Sainte-Anne (un million d'euros)
- le développement d’équipements comme le Ludoparc (350 000 euros) ou la piscine de Sainte-Anne.

“Cet engagement traduit notre volonté constante d’aménager et de moderniser notre territoire”, a déclaré Patrice Selly.

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