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Saint-André : les feux (re)passent à l’orange, les commerçants voient rouge

Ecrit par P.M. – le samedi 9 août 2025 à 16H50
A l'image de celui située au bout de l'avenue de la République, les feux sont repassés à l'orange clignotant après une nouvelle phase de test.

En phase de test la semaine dernière, après une première phase en fin d’année dernière, les quatre feux tricolores installés au centre-ville sont repassés à l'orange clignotant dans l’attente de leur mise en service définitive. Pour l’opposition et les commerçants, c’est non, pointant une "catastrophe" pour la circulation. Ces derniers vont lancer une pétition et menacent de passer à l'action.

Elle ne dure que quatre secondes et n’a même pas de son et pourtant cette vidéo a été vue plus de 120 000 fois sur la page Facebook de Jean-Marie Virapoullé, début août. Filmée à l’origine par des commerçants, on y voit un simple mouvement panoramique montrant une longue file de voitures à l’arrêt dans la partie haute de l’avenue Île-de-France, devant la mairie, au lendemain de la remise en service des feux tricolores par la commune.

« Depuis hier, le maire a décidé de remettre en fonctionnement les feux de circulation au centre-ville, ce qui crée de gros embouteillages alors que nous sommes en période de vacances scolaires. Il est à craindre qu’à la rentrée on se retrouve de nouveau en coma circulatoire », alertait en commentaire le leader du groupe d’opposition.

En début de semaine, l’opposant a de nouveau communiqué sur le sujet en criant victoire, après le passage à l’orange clignotant des feux :  « Le maire a cédé, au moins temporairement, à la pression de l’opposition municipale, des commerçants et des habitants du centre-ville. »

Une nouvelle phase de test

Dans le viseur de l’opposition : six feux tricolores installés autour de la mairie, aux croisements des rues de la Gare, du lotissement des Cazales et l’avenue Île-de-France (croisement de la piscine Bédier). Trois autres ont aussi été placés à l’intersection entre l’avenue de la République, l’avenue de Bourbon et la rue du Père-Répond (croisement du cimetière).

Des feux qui clignotent de nouveau à l’orange depuis le début de la semaine, à l’issue d’une nouvelle phase de test menée pendant les congés.

Le feu situé au croisement de l'avenue de Bourbon est lui aussi repassé à l'orange clignotant.

La mairie fustige une vision du “passé”

La réponse de la mairie ne s’est pas fait attendre, via un communiqué envoyé ce mardi. L’opposant est accusé de rester « ancré dans le passé, sans vision ni projet pour Saint-André. Le développement de notre commune ne saurait être freiné par des postures d’un autre temps ».

Pour la mairie, la mise en place des feux est « nécessaire » pour une « régulation moderne et efficace de la circulation ».

« Nous rappelons que Saint-André est un carrefour régional majeur, avec près de 60 000 habitants, un trafic croissant et une centralité incontournable pour la population de l’Est et de Salazie. Cette réalité impose de mettre en œuvre des solutions de circulation éprouvées, déjà adoptées dans toutes les communes de taille équivalente en France », fait valoir la commune.

Les feux sont déployés de manière « progressive, avec des phases de test pour permettre une adaptation en douceur des usagers. Cette méthode pragmatique est guidée par un seul objectif : fluidifier, sécuriser et organiser les flux dans l’intérêt général. »

Ici lors d'une mobilisation contre la gestion des travaux de voieries, l'APMESA promet de se mobiliser si les feux restent en place.

“Un temps d’adaptation”

Contacté, le cabinet du maire dissocie le retour à l’orange des feux de la pression exercée par l’opposant. Aucune date de mise en service définitive n’est fixée à ce jour, afin de laisser le temps aux usagers et aux piétons de s’adapter. Trop de véhicules marqueraient encore l’arrêt pour laisser passer des piétons, malgré un feu au vert. Les services travaillent également à affiner les bons « temps de pause » pour chaque feu selon les zones.

Pour la mairie, cette régulation du trafic est rendue indispensable par une circulation en constante augmentation, notamment dans cette zone stratégique de la commune. Le cabinet de Joé Bédier y voit la preuve d’un « centre-ville bien vivant ».

L’opposition pour un rond-point

Interrogé, Jean-Marie Virapoullé persiste et signe : « Ces feux ont été mis en marche fin 2024 puis arrêtés parce que les commerçants et moi avons demandé leur arrêt alors que les fêtes approchaient et qu’ils créent des embouteillages. Sept mois après, les faits démontrent que ce n’est pas une solution. Ce n’est pas que moi qui le dis. L’erreur est humaine, mais pourquoi persister ? »

La solution passe à ses yeux par la poursuite du chantier de l’échangeur de la rue Lagourgue : « La première bretelle a été créée pour sortir mais rien n’a été fait pour créer la seconde, pour entrer dans Saint-André et réduire automatiquement le nombre de véhicules dans le centre-ville. Cela alors qu’il a les cartes en main avec la Région qui a oublié l’Est. Ce sont cinq ans perdus. »

L’élu appelle aussi à « étudier » l’option d’un rond-point au niveau du cimetière « pour fluidifier la circulation ». Ce à quoi la mairie répond que la question a déjà été étudiée : « Mais les techniciens nous disent que l’espace n’est pas suffisant pour créer un véritable giratoire. »

La municipalité rappelle au passage que l’ancienne majorité n’était pas opposée aux feux tricolores puisqu’elle en avait installé dans le cadre du TCSP.

Source : Google Map.

Les commerçants prêts à se mobiliser

Un point de convergence avec l’Association des Petites et Moyennes Entreprises de Saint-André (APMESA) : “ Notre position n’est pas politique, la mairie avait déjà essayé il y a 20 ans et ça n’avait pas fonctionné”, commente son président, Siva Mouraman.

Son jugement est sans appel : « Le résultat des feux est catastrophique. Ça a été le cas en décembre et de nouveau pendant cette période alors que la moitié des gens est partie. On peut utiliser l’intelligence artificielle que l’on veut, ça ne marche pas”.

Il pointe la conséquence automatique d’un système de stationnement « en créneau » le long des avenues concernées. 

Une pétition en préparation

Dans un courrier adressé à la mairie le 5 août, l’APMESA demande le retrait définitif des feux « qui créeraient un inconfort pour les usagers de la ville ». Une pétition en ligne va être lancée prochainement pour demander ce retrait pur et simple. 

Dans le cas contraire, les commerçants préviennent : ils ne resteront pas les bras croisés.

Etiquettes : Saint-André

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